La Grèce continue à batailler pour un accord

La Grèce continue à batailler pour un accord

BRUXELLES, Belgique – En défaut de paiement depuis minuit, la Grèce a fait un pas vers ses créanciers en se disant prête à accepter les dernières propositions mises sur la table, afin d’obtenir un nouveau plan d’aide qui sera discuté mercredi par la zone euro mais suscite déjà de fortes réticences.

Sans même attendre, le ministre allemand, Wolfgang Schäuble, a appelé Athènes à «clarifier ses positions» avant d’éventuelles nouvelles négociations sur un renflouement du pays. 

«Tout cela ne constitue pas une base pour discuter de mesures sérieuses», a déclaré M. Schäuble à Berlin lors d’une conférence de presse sur le budget de l’État allemand. «C’est pourquoi la Grèce doit d’abord clarifier ses positions sur ce qu’elle veut vraiment et ensuite nous devrons en parler, dans un contexte qui s’est nettement dégradé», a-t-il ajouté.

Au cours d’une journée chargée en rebondissements mardi, la Grèce a sorti de son chapeau une demande de nouvelle aide financière sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers, soit environ 30 milliards d’euros, tout en restructurant sa dette.

Le gouvernement grec a aussi fait parvenir dans la nuit de mardi à mercredi une lettre à ses créanciers, dans laquelle il se dit prêt à accepter les réformes que ceux-ci exigent de lui, –et qui ont été rendues publiques au cours du week-end dernier–, tout en posant de nouvelles conditions et en demandant des aménagements

Ce document sera discuté lors de la conférence téléphonique des ministres des Finances de la zone euro qui se tient à partir de 15H30 GMT, après un premier échange mardi en fin de journée.

«Propositions faibles»

«À première vue, les propositions sont plus faibles que celles proposées par les créanciers», a indiqué une source au fait des discussions, or pour une aide de deux ans, les conditions associées devraient être «plus consistantes» que pour les plans d’aide accordés en 2010 et en 2012.

Les amendements soumis par la Grèce sont «substantiels», a confirmé une source proche des négociations, laissant entendre que la route serait encore longue avant un possible accord sur un troisième plan d’aide.

«L’hypothèse (d’un accord) existe, c’est déjà beaucoup», a estimé le ministre français des Finances Michel Sapin sur la radio française RTL. «Le but c’est de trouver un accord avant le référendum, si c’est possible», a-t-il ajouté. 

Mais beaucoup d’États ne sont pas sur cette ligne. «Rien ne sera décidé avant le référendum», a insisté mercredi un diplomate européen du camp des durs envers Athènes.

«Que ce soit pour le rejeter ou pour l’accepter», l’objet de ce scrutin «n’existe plus, il n’a jamais existé, mais s’il avait jamais existé, il n’existe plus», a tranché M. Schäuble.

En attendant, la zone euro est prête à se pencher sur la nouvelle demande grecque. «Nous devons examiner cette possibilité (…) mais je pense que nous ne pourrons nous en occuper sérieusement qu’après le week-end», a commenté mardi soir le patron de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Scrutin épouvantail, il pourrait, en cas de non du peuple grec, conduire in fine à la sortie de la Grèce de la zone euro et à une crise majeure des institutions européennes.

Selon un sondage téléphonique auprès de 1200 personnes entre les 28 et 30 juin et publié dans le journal grec Ephimerida ton syndakton, 51% des interrogés choisissent le non, contre 34% le oui. Toutefois, l’écart est plus faible si l’on observe ceux qui pensent aller voter: 46% pour le non, 37% pour le oui. Le journal rappelle que lors d’un même sondage réalisé avant la mise en place des contrôle de capitaux dimanche, le «non» recueillait plus de voix.

La BCE, dernier recours

Désormais, seule la Banque centrale européenne assure la survie financière du pays en soutenant à bout de bras ses banques complètement à sec.

Les 25 membres du conseil des gouverneurs doivent se réunir mercredi plus tard dans la journée pour examiner la situation du système bancaire grec, mis sous cloche par le gouvernement d’Athènes qui a fermé les banques pour la semaine.

L’institut de Francfort doit décider de maintenir ou non une ligne de prêts d’urgence en faveur des établissements hellènes, à court d’argent frais et pris d’assaut par des Grecs inquiets qui veulent retirer leurs économies. Techniquement, l’institution pourrait décider de couper le robinet financier à la Grèce, même si cela semblait peu probable.

Cela plongerait encore plus Athènes dans l’abysse financière, alors que la Grèce, en ne versant pas les 1,5 milliard d’euros qu’il devait mardi au FMI, est devenu aux premières minutes de la journée de mercredi le premier pays industrialisé à faire défaut vis-à-vis de l’institution qui essuie là le plus grand impayé de son histoire.

Aussi sur Canoe.ca

Étiquettes : , , ,

Laisser un commentaire