La légalisation du pot amènerait des problèmes de drogue au volant

La légalisation du pot amènerait des problèmes de drogue au volant

NICOLET | Des experts estiment qu’avec la légalisation du pot, plus de gens conduiront leur véhicule sous influence de la drogue.

Perception biaisée de la distance et de la vitesse, réflexes ralentis, diminution de l’attention. Il va de soi que le cannabis au volant est dangereux, selon les experts réunis mardi à l’école nationale de police du Québec (ENPQ).

L’expert en sécurité routière à l’ENPQ Michel Pilon croit qu’il faudra surveiller les conducteurs de près si la promesse du gouvernement Trudeau se concrétise.

«Il va y avoir un impact sur le nombre de conducteurs sous l’influence du cannabis. Et moi je considère que si vous avez une substance à l’intérieur de votre organisme qui vient influencer vos capacités physiques, intellectuelles, sensorielles, c’est sûr que cela peut avoir un impact sur la conduite automobile, et éventuellement, sur les collisions et les accidents», dit-il.

Selon les experts, le Québec devra ajuster son Code de la sécurité routière à la nouvelle réalité du pot au volant. Actuellement, le cannabis étant interdit, c’est la tolérance zéro qui s’applique.

Plusieurs modèles

Photo Amélie St-Yves

Pour la chercheuse Ève Paquette et l’expert-conseil en sécurité routière Michel Pilon, le cannabis influence négativement les capacités de conduite automobile. C’est pourquoi ils estiment que Québec devra modifier le Code de la sécurité routière.

La chercheuse à l’ENPQ Ève Paquette a exposé des modèles qu’on pourrait appliquer pour limiter les dégâts.

Québec pourrait adopter une politique de tolérance zéro face à la consommation de cannabis, comme c’est le cas pour l’alcool avec certains groupes de conducteurs. Le fait que la marijuana demeure longtemps dans le système après la fin de ses effets pourrait cependant rendre difficile l’application.

Le législateur pourrait décider de sanctionner si les capacités sont affaiblies, peu importe la quantité consommée. Sur ce plan, Michel Pilon croit que les policiers sont déjà bien formés pour remarquer les signes liés à une intoxication.

«Une même dose consommée peut avoir des effets différents sur deux individus. Dans ce cas, on en tiendrait compte», explique Ève Paquette.

Les États de Washington et du Colorado aux États-Unis ont choisi d’établir un seuil limite de THC à 5 nanogrammes par millilitre de sang (5ng/ml), pour les conducteurs de 21 ans et plus. D’autres États américains ont établi des seuils différents.

Si le Québec en venait à adopter une loi similaire, de nouveaux outils pour mesurer le cannabis seraient les bienvenus.

Actuellement, les prises de sang et les tests d’urine permettent de mesurer le THC. Aucun test d’haleine ou de salive n’est approuvé au Québec pour ce type de drogue.

«Les policiers sont présentement en mesure de détecter les signes et symptômes reliés à l’ensemble des catégories de drogue que les gens peuvent consommer. Les outils qui pourront être développés dans le futur vont venir appuyer le policier dans son enquête», conclut Michel Pilon.

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