La poutre s’est effondrée à cause d’improvisation

La poutre s'est effondrée à cause d'improvisation

BERTHIERVILLE | Une poutre d’acier de 68 tonnes est tombée d’un pont en construction de l’autoroute 40 en avril dernier parce que les travailleurs ont modifié et déformé les deux appuis temporaires qui devaient la tenir en place.

«Il y a eu beaucoup de modifications et d’improvisation sur le chantier», a dit l’inspecteur de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) Michel Labbé.

M. Labbé a dévoilé mardi que les deux supports qui devaient tenir la poutre en place avaient été redressés avec des chaînes et des palans à crochet, ce qui n’était pas prévu dans les travaux.

Ces deux supports s’appuyaient sur un pont existant de l’autoroute 40 et les chaînes ajoutées les ont empêchés de faire les mouvements nécessaires pour absorber les chocs.

Tout est devenu tellement serré que les vibrations du pont voisin ont fait céder les attaches entre les supports et la poutre. Elle est tombée dans la rivière Bayonne, environ une heure après que les employés eurent quitté le chantier, ce qui a sans doute évité des décès. Six hommes travaillaient sur cette structure ce jour-là.

Le travail effectué par Les Associés Gascon Érecteurs ltée, en sous-traitance pour Roxboro Excavation inc, était déficient en ce qui a trait à la planification, la supervision et les moyens de contrôle, selon la CNESST.

«À la limite, une rafale de vent aurait été suffisante pour faire tomber la poutre. C’était très instable», a dit l’inspecteur.

La poutre valait à elle seule 300 000 $ et on estime que cet incident a coûté environ 500 000 $.

Amende

Un ingénieur de la firme Rouleau Desaulniers avait pourtant validé le travail d’installation de la structure environ une heure avant que la poutre ne s’effondre et n’a pas souligné de problème, selon le CNESST.

«C’était correct de mettre des câbles pour installer les supports, mais il aurait fallu les enlever ou relâcher la tension pour permettre aux supports de faire leur travail», explique l’inspecteur Michel Labbé.

Même les attaches au bout des supports ont dû être modifiées à pied d »uvre parce qu’elles n’arrivaient pas exactement au bon endroit.

La CNESST pourrait imposer des amendes au cours des prochains mois.

Les Associés Gascon Érecteurs Ltée, Roxboro Excavation inc et la firme d’ingénierie Rouleau Desaulniers n’ont pas voulu commenter les conclusions du rapport d’enquête.

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