La saga TransCanada à Cacouna aurait pu être évitée

La saga TransCanada à Cacouna aurait pu être évitée

CACOUNA | Si l’habitat du béluga avait été légalement protégé il y a deux ans comme ce sera le cas dorénavant, TransCanada n’aurait jamais pu forer au large de Cacouna, croient les groupes environnementaux.

Par un projet d’arrêté ministériel, Pêches et Océans Canada a annoncé ces derniers jours son intention de protéger légalement l’habitat essentiel du béluga.

Les groupes environnementaux croient que cette décision aurait pu éviter la saga de TransCanada à Cacouna, si elle était intervenue deux ans plus tôt. Ils n’auraient pas eu à se battre jusqu’en cour pour que TransCanada cesse de forer et de faire des levées sismiques dans le fleuve, alors que l’entreprise projetait l’implantation d’un port pétrolier à Cacouna. «On aurait eu un outil assez clair. À l’époque, il n’y avait pas de protections légales. D’après moi, ça aurait évité toute l’histoire de Cacouna», estime Christian Simard, directeur de Nature Québec.

Dorénavant, installer un quai au milieu de la zone de reproduction des bélugas ne serait plus envisageable. Faire du forage ou tenir des activités maritimes intenses dans ce secteur pourraient devenir pratiquement impossible. Les gestionnaires de projets devront s’adapter.

«Si l’on parle de projets majeurs de développement au niveau d’infrastructures, par exemple, ça ne veut pas dire qu’ils sont compromis, mais qu’ils devront passer par le processus. Il pourrait y avoir des conditions supplémentaires», d’indiquer Alain Branchaud, directeur de la Société pour la nature et les parcs du Canada.

Pêches et Océans Canada estime qu’actuellement aucune activité prévue ou en cours au sein de l’habitat essentiel du béluga, ne nécessitera d’être atténuée. Si des activités futures entraînaient la destruction de toute partie de l’habitat essentiel du béluga, elles seraient soumises aux exigences strictes de la loi entraînées par la prise de cet arrêté.

Brèche

Si les groupes écologiques applaudissent ces nouvelles mesures de protection, ils dénoncent une brèche dans la loi. «Si l’Office national de l’énergie approuve un projet, il ne sera pas nécessaire d’obtenir un permis en vertu de la Loi sur les espèces en péril, ce qui permettrait carrément de contourner les interdictions visant l’habitat essentiel.», déplore Alain Branchaud. Les groupes demandent au gouvernement de «terminer le ménage du printemps», en colmatant cette «fuite.»

Cacouna

Au port de mer de Cacouna, où les eaux baignent directement dans l’habitat essentiel du béluga et dans sa zone de reproduction, l’infrastructure est dans la mire de la Stratégie maritime du gouvernement provincial. Une situation qui questionne les groupes environnementaux, mais avec laquelle le ministre de la Stratégie maritime Jean D’Amour dit «très bien vivre.»

«On sait qu’on doit composer avec les bélugas et que ça nous impose une discipline importante», croit le député-ministre de la Stratégie maritime Jean D’Amour. «On peut marier l’économie à l’environnement, on va s’adapter à la réalité», a-t-il ajouté, assurant que cette protection légale ne nuira pas aux projets à venir.

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