La taxe sur les boissons marche

La taxe sur les boissons marche

Les groupes qui réclament l’imposition d’une taxe spéciale sur les boissons sucrées au Québec ont maintenant des munitions supplémentaires pour mener leur combat.

Une étude de l’American Journal of Public Health révèle que la consommation de boissons gazeuses et de jus contenant du sucre a diminué de 21 % dans des quartiers défavorisés de Berkeley, en Californie, après l’instauration d’une taxe de 1 cent US par once l’an dernier.

De nombreux citoyens ont décidé de troquer le coca-cola, les jus sportifs et les boissons énergisantes pour l’eau, dont la consommation en général a augmenté de 63 % pendant la même période.

Ces résultats sont encourageants pour la Coalition Poids, qui réclame depuis longtemps une mesure similaire au Québec.

«C’est la preuve qu’une taxe peut avoir des effets bénéfiques dans des quartiers où une plus grande part de la population souffre d’obésité et de maladies comme le diabète de type deux», insiste Clara Couturier, porte-parole de la Coalition.

Les Canadiens se situent au 10e rang des plus grands consommateurs de boissons sucrées dans le monde. Au Québec, près d’un enfant sur quatre est en surpoids, et ce chiffre monte jusqu’à 57 % chez les adultes.

L’Institut national de santé publique du Québec estime à 1,4 milliard $ le coût des médicaments et de l’invalidité associés au surpoids et à l’obésité.

«Les boissons sucrées sont vendues à des prix excessivement bas, elles sont disponibles et font l’objet de promotion intense. La taxe est la mesure la plus prometteuse pour réduire la consommation de ce type de produits, surtout auprès des jeunes», ajoute Mme Couturier.

De son côté, le gouvernement Couillard a rejeté l’an dernier l’idée d’imposer une taxe sur ces boissons, préférant miser sur la prévention pour inciter la population à moins consommer de sucre. Québec souhaite ainsi éviter de taxer davantage les Québécois.

Une position que partage l’Association canadienne des boissons. «Si on veut avoir un impact significatif sur la santé publique et la réduction de l’obésité, la sensibilisation a beaucoup plus d’effet que de taxer un produit ou une catégorie de produit», estime Martin-Pierre Pelletier, conseiller spécial de l’Association.

Selon lui, la consommation de boissons gazeuses a chuté de 30 % au cours des 11 dernières années. Il rappelle aussi que les boissons sucrées sont déjà soumises à la TPS et la TVQ au Québec, contrairement au lait et à d’autres types de breuvages vendus sur les étalages.

Trois exemples autour du monde

Depuis le 1er mars 2015, Berkeley est la première ville américaine à avoir imposé une taxe sur les boissons sucrées.

Cible : boissons ayant un goût sucré et contenant des calories, ainsi que les sirops et poudres sucrés servant à fabriquer de telles boissons.

1 cent US l’once (35 cents CAN par litre).

Augmentation du prix des boissons sucrées. Une canette de Coca-Cola coûte donc maintenant 12 cents US de plus et le format 2 litres, 68 cents US de plus.

21 % Baisse de la consommation depuis l’instauration de la taxe, selon une étude de l’American Journal of Public Health.

1,1 million US Revenus générés par la taxe au cours des 9 premiers mois.

Une taxe sur les boissons avec sucre ajouté est en vigueur depuis le 1er janvier 2012.

Cible : boissons gazeuses, boissons aux fruits, eaux vitaminées, laits aromatisés et boissons avec édulcorants de synthèse ne contenant pas de sucre ajouté.

7,50 /hectolitre (11 cents CAN par litre).

Montant de la taxe, soit une augmentation de 5 centimes d’euros par rapport à 2014.

2,2 % Réduction du volume des ventes de boissons sucrées au cours de la première année selon une étude des instituts Symphony IRI et Kantar Worldpanel.

375 millions CAN Revenus générés par la taxe.

Une taxe spéciale sur les boissons sucrées est en vigueur depuis le 1er janvier 2014

Cible : boissons avec sucre ajouté, concentrés, poudres, sirops, essences ou extraits de saveurs qui permettent d’obtenir des boissons sucrées.

1 peso par litre (8 cents CAN par litre).

Augmentation du prix des boissons sucrées.

6 % Diminution moyenne de la consommation de boissons sucrées depuis l’entrée en vigueur de la taxe selon une étude du British Medical Journal.

1,2 milliard US Revenus générés par la taxe.

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