Lac-Simon sort l’alcool et la drogue de sa réserve

Lac-Simon sort l'alcool et la drogue de sa réserve

LAC-SIMON | La communauté autochtone de Lac-Simon où s’est déroulé de nombreux gestes de violence récemment a l’intention de sortir l’alcool et la drogue de son territoire.

Une centaine de membres de la communauté de 1500 personnes située près de Val-d’Or en Abitibi se sont réunis hier et ont convenu de lutter contre l’alcool, la drogue et la violence, qui font des ravages sur le territoire.

«On est écoeuré. On va prendre des sanctions contre les citoyens qui vendent de la drogue à nos jeunes. Par exemple, lors d’un deuxième avertissement, on pourrait leur enlever leur logement. C’est ce genre de protocole que l’on va mettre en place. On va s’en sortir en collectivité», a raconté la vice-cheffe de Lac-Simon, Pamela Papatie.

La communauté interdira d’ailleurs toute vente d’alcool sur le territoire de Lac-Simon d’ici dimanche. «On s’en va dans la bonne direction», a-t-elle dit.

Le défi sera grand. Selon le père de Sandy Tarzan Michel, qui a été tué par un policier mercredi soir, pas moins de 90% des gens de la communauté consomment de la drogue et de l’alcool.

Marche

Les citoyens de Lac-Simon marcheront d’ailleurs dans les rues de la communauté vendredi après-midi pour montrer aux trafiquants et consommateurs présents dans le village qu’ils ne veulent plus être vu comme un endroit où tout est permis et où les enfants sont élevés dans la violence.

Mercredi soir, Sandy Tarzan Michel, 25 ans, a été tué par un policier alors qu’il était intoxiqué. Il a menacé les policiers d’une machette. Ceux-ci ont foncé sur lui avec leur camionnette de police avant de lui tirer au moins un projectile à la tête. Quelques dizaines de citoyens s’en sont par la suite pris aux policiers. La SQ venue en renfort a eu de la difficulté à reprendre le contrôle de la foule en colère.

Le 14 février dernier, le policier Thierry Leroux a été tué par un citoyen qui a par la suite retourné l’arme contre lui.

Pamela Papatie soutient que la communauté n’avait même pas eu le temps de se remettre du décès du policier Thierry Leroux. «On avait commencé à parler à des citoyens et au chef de police pour que l’on mette des photos de Thierry Leroux pour ne pas qu’on l’oublie», a-t-elle dit.

Selon une citoyenne de Lac-Simon, Winnie Wabanonik, il est possible de changer ce qui se passe. «Le monde est tanné. Ça peut changer», a-t-elle dit.

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