Le Canada , 10e ou 20e’

Le Canada , 10e ou 20e'

Ah, ce classement des médailles.

À tous les quatre ans, la discussion refait surface. Ce classement ne tient compte que des vainqueurs. Quant aux deux autres infortunés athlètes qui les accompagnent sur les marches restantes du podium, leurs médailles ne font pas le poids, sauf dans le pays qui les a vus naître (ou immigrer…).

C’est ainsi qu’à RIO, les 22 médailles du Canada n’auront conféré à nos athlètes que le 20e rang dans le classement «officiel»… au lieu de leur donner une DIXIÈME place dans le tableau du «total de médailles». Une statistique qui n’existe pas officiellement, sauf pour ceux et celles que ça arrange.

En 2012, à Londres, la situation était pire. Le Canada était 37e au classement «officiel» des médailles. Sur le total de 18, seulement une était enrobée d’or, celle de la trampoliniste Rossannagh MacLennan. Si l’on avait calculé le rang au total des médailles, le Canada aurait pris la 13e place. Ce n’est pas rien.

Et en 2008, à Pékin, les 19 médailles du Canada ont valu à notre pays le 19e rang. Si l’on eut classé les pays pour la récolte totale, nous étions bons pour la 13e place… encore.

Évidemment, il y a autant de critères et de justifications pour les défenseurs de l’un ou de l’autre concept.

Certains voudraient qu’on ne tienne compte que du TOTAL de médailles. D’autres aiment ajouter un savant calcul qui tiendrait compte des TOP 5 ou même des TOP 10, ce qui viendrait chambouler l’ordre du «mérite» de chacun des pays. D’autres allèguent que «la victoire fait foi de tout!» ou, si vous préférez, en anglais «Winning is everything!». Mais il semble que le message final envoyé par le CIO, à tous ces athlètes, est le suivant : On n’en a que pour le vainqueur. Les autres sont des figurants.

Cela dit, le fait d’obtenir ces 22 médailles aura permis au Canada de surpasser l’objectif de 19 qui avait été fixé par le Comité Olympique Canadien (COC), 23 jours avant la cérémonie d’ouverture.

Là, au moins, on peut dire «Mission accomplie!» Et pas qu’un peu. C’était d’ailleurs le message envoyé par les dirigeants du COC, dimanche, lors de leur bilan.

Avec 22 médailles, le Canada a égalé son record des Jeux d’Atlanta. Un «vrai» record si on accepte d’exclure de l’équation ce total de 44 médailles obtenues en 1984, lors des Jeux de Los Angeles, quand plusieurs pays s’étaient absentés, répondant à l’appel d’un boycott massif.

L’homme de Rio

Andre de Grasse aura frappé l’imaginaire en enlevant trois médailles en sprint, les épreuves reines de l’athlétisme, elle-même la discipline reine des Jeux Olympiques. Aux 100 et, surtout, 200 mètres, il a chassé, talonné et défié l’extra-terrestre jamaicain Usain Bolt. De Grasse a obtenu une médaille dans chacune de ces deux disciplines individuelles où le dernier Canadien à s’y signaler était un certain Donovan Bailey, 20 ans auparavant.

Et Andre de Grasse n’a que 21 ans.

C’est un peu lui l’Homme de Rio, pour la délégation canadienne.  Son sourire ingénu et cette connection amicale, développée avec le plus grand athlète de l’histoire de la piste, Bolt lui-même, aura été un des faits saillants pour l’équipe de l’unifolié.

Mais malgré ce palmarès étonnant et se triplé de médailles,  ce n’est pas à lui que revenait l’honneur de mener notre équipe lors de la cérémonie de fermeture des Jeux à Rio. C’était à une athlète de cinq ans sa cadette, la nageuse ontarienne Penny Oleksiak qui, à l’âge tendre de 16 ans, est sorti de nulle part (sinon des blocs de départ) pour frapper de stupeur la planète natation.

Rarement le choix de l’athlète porte-drapeau aura été aussi facile pour le Comité Olympique Canadien. La cause était entendue bien avant que les Jeux de Rio ne tirent à leur fin. 12 jours avant la cérémonie de clôture, pour être exact. Avec quatre médailles, un fait sans précédent pour un Canadien ou une Canadienne dans l’histoire, il était impossible de lui préférer qui que ce soit.

Avec un De Grasse ou non.

Crédit photo : AFP

Le chant du cygne (bis)

Deux des plus grands athlètes de l’histoire auront fait leurs adieux lors de ces Jeux, à Rio.

Celui dont je parlais précédemment, le jamaïcain Usain Bolt, ainsi que le nageur américain Michael Phelps. Eux, ils peuvent partir la tête haute. Très haute.

Bolt a survolé la planète sprint avec un TRIPLE TRIPLÉ, soit les titres olympiques des 100 mètres, 200 mètres et relais 4×100 mètres, consécutivement, lors des Jeux de 2008, 2012 et 2016.

Ça ne se fera plus jamais. Tout comme ce total irréel de 28 médailles, dont 23 d’or, dans une carrière olympique répartie sur quatre Jeux et 12 années, un exploit qu’a accompli le poisson de Baltimore, Michael Phelps, et qui dépasse tout entendement.

Crédit photo : AFP

Et le Zika’

Maintenant que les Jeux sont derrière nous, le Zika l’est-il’

Chose certaine, ils ont été nombreux à crier au loup, avant les Jeux, suggérant même que le CIO déménage l’événement dans un autre pays. Puis, plusieurs vedettes de plusieurs disciplines ont fait l’impasse sur Rio en alléguant la peur de cette maladie. Et ce même si le Brésil et tout l’hémisphère sud se retrouvait en hiver et que presque personne n’a vu l’ombre du moindre moustique.

D’ailleurs, comme l’ont souligné de nombreux journalistes le week-end dernier, cette appréhension mondiale n’a pas connu de suites puisqu’aucun cas n’a été répertorié pendant les Jeux.

Mais après’

Des athlètes, des membres de leur famille ou même des touristes reviendront-ils avec le virus’ Déjà, on signale une propagation du virus à Miami et plusieurs nouveaux cas en Californie. C’est sans compter l’alerte déclenchée par le maire de New York, Bill de Blasio, le 16 août, citant un total de 49 femmes enceintes, atteintes du virus.

Attendons et croisons les doigts pour que cette menace ne s’avère pas fondée.

Crédit photo : AFP

Beau boulot à Rio

Sinon… les Brésiliens peuvent eux aussi crier «Mission accomplie!». Aux prises avec des retards dans les préparatifs, une pollution gênante et un gouvernement secoué par une crise majeure, ils auront livré la marchandise.

Il y a bien quelques balles perdues, tirées sur un autobus de médias, et d’autres petits accrocs, mais le porte-parole du comité d’organisation Mario Andrada trouvait toujours une réponse diplomatique à chaque problème, en plus de calmer la tempête.

Cet homme, qui devait être le pendant brésilien des jovialistes québécois André Moreau et Marcel Chaput, a trouvé le moyen d’excuser l’imbécile nageur américain Ryan Lochte, coupable d’un inexcusable comportement d’ado en fugue et qui nageait en plein mensonge. Précédemment, plongé au coeur de cette rocambolesque saga de l’eau verte dans le bassin, Andrada a été jusqu’à dire qu’il y avait eu plus de plongeurs que prévu dans la compétition olympique et que les techniciens en charge du «PH» avaient été dépassés par les événements. Comment peut-on ne pas savoir le nombre de plongeurs prévus dans des … JEUX OLYMPIQUES. Quand même!

Tout un diplomate, ce Mario.

Bravo e obrigado para o espectáculo maravilhoso!!!

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