Le champion de l’hygiène pourrait couper dans le nettoyage

Le champion de l'hygiène pourrait couper dans le nettoyage

Champion de la propreté, l’hôpital de Saint-Eustache devra peut-être couper dans le nettoyage des chambres pour boucler son budget. Les employés craignent le retour en force du C. difficile.

Dans cet hôpital des Laurentides, on a réduit par sept le nombre de cas de C. difficile contractés à l’hôpital en 10 ans en investissant dans le nettoyage approfondi des chambres.

Pour y arriver, cette tâche a été confiée à des employés du service de l’hygiène et de la salubrité, qui mettent 40 minutes à nettoyer une chambre.

Économies

Pour épargner 500 000 $, la direction de l’hôpital envisage de revenir à l’ancienne méthode qui consiste à faire nettoyer une partie des chambres par les préposés aux bénéficiaires, comme c’est le cas dans d’autres établissements des Laurentides.

Deux études menées en 2013 et en 2015 pour le CSSS du Lac-des-Deux-Montagnes indiquent que la méthode de nettoyage des chambres par le service de l’hygiène est la plus sécuritaire pour stopper la retransmission des infections.

«On vit un essoufflement sur les unités, il nous manque régulièrement un à deux préposés pour faire le travail et plusieurs autres sont en heures supplémentaires. On espère que ça n’arrivera pas, on court déjà assez», dit David Deschatelets, un préposé aux bénéficiaires.

Il dit qu’ailleurs, les préposés n’appliquent pas toujours la méthode sécuritaire de nettoyage.

«On veut gagner du temps, même si c’est juste 3 à 5 minutes par chambre. Mettez-en 10 dans une journée, c’est autant de temps de plus donné aux patients», ajoute-t-il.

«On ne nie pas, on reconnaît que le travail fait par le personnel de l’hygiène a amené une baisse significative des cas d’infections nosocomiales. Mais ça ne veut pas dire que ce soit uniquement à cause de ces mesures», affirme la porte-parole du CISSS, Myriam Sabourin.

Rationalité oblige

Interpellé lors de la réunion du conseil d’administration à la mi-juin, le président-directeur général du CISSS, Jean-François Foisy, a parlé de coupes obligatoires d’un autre 6 M$ en 2016-2017. «C’est dans une optique de rationalisation, on ne fait pas ça par plaisir», a-t-il déclaré.

Pour calmer la grogne, le CISSS affirme qu’il se donne l’été pour poursuivre sa réflexion.

«Aucune décision n’a été prise et aucune coupe n’est annoncée. Les employés seront consultés et impliqués», complète Myriam Sabourin.

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