Le Collège des médecins veut mieux encadrer la médecine esthétique

Le Collège des médecins veut mieux encadrer la médecine esthétique

Le dernier rapport à ce sujet avait été publié il y a six ans. Depuis, «l’offre de services s’est élargie» et «l’intérêt public» pour ces soins est grandissant, constate le Collège.


Fini les ordonnances collectives pour les produits de remplissage


La principale recommandation du Collège des médecins est que les médecins ne soient plus autorisés à délivrer une ordonnance collective pour les patients désirant obtenir des injections à des fins esthétiques. Les patients qui désireront avoir recours à des injections de Botox et autres produits de remplissage devront d’abord faire l’objet d’un examen médical et obtenir un plan de traitement personnalisé.


Secrétaire du Collège des médecins, le Dr Yves Robert explique que cette recommandation vise à mettre fin à une pratique ayant cours depuis quelques années en médecine esthétique. Pour se procurer des produits de remplissage et les administrer à leurs clients, des cliniques obtenaient des ordonnances collectives à ce sujet. «Parfois, ces ordonnances étaient signées par des médecins d’autres spécialités, qui ne pratiquaient pas la médecine esthétique. Et parfois, ceci était fait en échange de rémunération», explique le Dr Robert, qui estime que ces pratiques doivent cesser.


Un médecin n’a en effet pas le droit de recevoir de l’argent en échange d’une ordonnance. Aucune plainte en déontologie n’a été déposée contre un médecin ayant agi de cette façon jusqu’à maintenant au Québec. «Parce que pour pouvoir déposer une plainte, ça prend des noms. Et nous n’en avons pas», explique le Dr Robert.


«Nous savons aussi que des entreprises sollicitent les médecins pour signer ces ordonnances. Il s’agit de situations déplorables qui doivent cesser», ajoute le directeur général du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard.


Directeur médical obligatoire


Les cliniques offrant des soins médico-esthétiques devront également désigner un directeur médical responsable de la qualité des soins.


Le Collège souhaite finalement mieux encadrer l’utilisation du laser à des fins esthétiques de même que les activités de tatouage et de détatouage. Il souhaite notamment que Québec établisse des normes d’asepsie, d’hygiène, de désinfection et de stérilisation pour les boutiques de tatouages. «Vous serez peut-être surpris de savoir qu’aucune règle n’encadre présentement les endroits faisant du tatouage et du détatouage», a dit le Dr Robert.


«Ces mesures protégeront mieux le public en matière de soins esthétiques», estime le Dr Bernard.

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