Le combat d’une mère qui refuse qu’on réanime sa fille

Le combat d'une mère qui refuse qu'on réanime sa fille

Au moment où le débat sur l’aide médicale à mourir se poursuit à Ottawa, une mère de famille de Sainte-Marie, en Beauce, réclame que l’école secondaire que fréquente sa fille de 17 ans lourdement handicapée et le centre qui lui offre du répit respectent sa volonté de ne pas la réanimer si elle est en détresse.

En plus d’avoir un âge mental d’un enfant de 12 mois, la jeune Marianne Painchaud a plusieurs tumeurs au cerveau et aux reins. Elle est atteinte depuis sa naissance de la sclérose tubéreuse de Bourneville et souffre d’épilepsie incurable. Elle est suivie au CHUL à Québec et prend des médicaments pour apaiser la douleur.

En février dernier, sa mère, Nancy Lévesque, a signé un refus de réanimation pour signifier à la polyvalente et au centre de répit qu’ils ne doivent en aucun cas tenter de réanimer sa fille si jamais elle devait être victime d’un arrêt cardiorespiratoire. Elle ne veut pas, notamment, que sa fille soit aux prises avec d’autres problèmes de santé si jamais elle devait être réanimée.

GRACIEUSETÉ

«Dans mon c’ur et dans ma tête, si j’ai signé l’ordonnance de non-réanimation, je veux que ça soit respecté, martèle Nancy Lévesque. Ça a été très difficile de faire le choix, Marianne a quand même eu trois tumeurs cérébrales, donc trois opérations. Elle a une autre tumeur cérébrale avec des tumeurs au rein. Tout ce que je veux, c’est qu’elle ait une belle vie maintenant.»

Les deux établissements refusent toutefois d’acquiescer à sa demande, même si ce droit est reconnu, entre autres, dans le code civil.

L’école soutient qu’elle est tenue de porter assistance à tout élève qui est en détresse. «En vertu du code civil, nous sommes tenus de porter assistance à tout élève en détresse, écrit entre autres le porte-parole dans un courriel envoyé à TVA Nouvelles. Si nous laissons un élève mourir sans intervenir, cela pourrait avoir un effet dévastateur sur ceux qui seraient témoins de la scène.»

De son côté, le centre de répit dit que c’est son assureur qui exige que le personnel réanime Marianne.

«La loi est très très claire là-dessus, une personne peut refuser à l’avance toute forme de soins, incluant les soins qui pourraient la maintenir en vie, ajoute l’avocat de la famille, Jean-Pierre Ménard. Elle n’a pas besoin de consulter avant de médecin ou d’avoir l’approbation d’un professionnel, c’est le choix personnel de la personne.»

Le ministère de la Santé a refusé de commenter la situation. Entre temps, Mme Lévesque a décidé de retirer Marianne de l’école et du centre de répit

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