Le coup était-il planifié’

Le coup était-il planifié'

Le Montréalais accusé d’avoir tenté d’assassiner un policier du Michigan aurait perpétré son attaque lors d’une journée fortement symbolique pour les musulmans, ce qui pourrait laisser croire qu’il avait planifié son coup.

Laylat Al-Qadr, ou «nuit du destin», correspond à l’une des nuits de la fin du mois du ramadan. Il s’agit d’une date bénie dans l’Islam en mémoire du moment où l’ange Gabriel aurait révélé le Coran au prophète Mahomet.

Cette année, ce moment tombait mercredi dernier, soit le jour où Amor Ftouhi est soupçonné d’avoir poignardé un policier dans le cou à l’aéroport de Flint, au Michigan, en criant «Allahou Akbar» (Allah est grand). Son geste aurait été motivé par sa «haine des États-Unis», selon le FBI, qui juge l’affaire comme un acte terroriste.

Photo courtoisie

Amor Ftouhi
Suspect

« Le plus important »

«C’est le moment le plus important du ramadan, c’est donc très symbolique. Ce n’est qu’une hypothèse, mais comme il était aux États-Unis depuis 5 jours avant de passer à l’acte, on peut croire qu’il y avait une planification», estime Herman Deparice-Okomba, du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

L’arrestation du «loup solitaire» de 49 ans a surpris tout le monde dans son voisinage du quartier Saint-Michel, où on décrit Ftouhi comme un père de famille cordial et sans histoire.

«Cet événement vient nous rappeler qu’en matière de radicalisation et de terrorisme, il n’y a pas de profil», insiste M. Okomba, soulignant que la plupart des attentats terroristes sont commis par des personnes qui ont entre 17 et 30 ans.

«Tout le monde peut tomber dans la radicalisation si les étoiles sont bien alignées», dit Jocelyn Bergeron, spécialiste du processus de radicalisation et professeur à l’Université de New York à Abou Dabi.

«On sait qu’il avait une haine envers les États-Unis et un sentiment d’injustice. Il suffit souvent d’un facteur pour que quelqu’un passe à l’acte», explique aussi M. Okomba, qui n’exclut pas les problèmes de santé mentale.

Fouille d’appartement

C’est d’ailleurs là le défi des autorités: comprendre ce qui a mené Amor Ftouhi à se rendre à Flint, à se procurer un couteau et à cibler un policier de l’aéroport local.

Les policiers de la GRC, qui travaillent en étroite collaboration avec le FBI, ont ainsi poursuivi leur enquête jeudi, notamment en fouillant une bonne quinzaine d’heures l’appartement de la famille du suspect, rue Bélair. En après-midi, cinq policiers ont quitté l’endroit avec les mains remplies de sacs à poubelle, de documents, d’un bac et d’au moins un ordinateur.

Les recherches qui se poursuivront des deux côtés de la frontière viseront à établir les récentes allées et venues d’Amor Ftouhi. Il a passé la frontière le 16 juin, loué une voiture à New York et conduit jusqu’à Flint, une expédition de presque 11 heures de route.

Le FBI a demandé jeudi l’aide du public afin de reconstituer le trajet du suspect depuis son arrivée en sol américain.

Au cours des dernières années, ce dernier aurait multiplié les emplois pour subvenir aux besoins de sa femme et ses trois enfants. Ftouhi aurait notamment travaillé comme concierge, cuisinier et camionneur.

Joint jeudi en Tunisie, un homme qui dit être son beau-frère n’arrive pas à croire qu’Amor Ftouhi ait pu commettre un tel geste. Il décrit le suspect comme une personne calme qui «s’occupe uniquement de ses affaires».

Selon lui, le père de famille qui est arrivé au Canada il y a une vingtaine d’années travaillait comme directeur d’école secondaire en Tunisie. Ftouhi a obtenu sa citoyenneté canadienne il y a 10 ans, selon ce qui a été mentionné en cour.

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