Le grand pilier des sports

Le grand pilier des sports

Les grandes équipes sportives professionnelles ont souvent un point en commun: la stabilité. À leur image, la section sportive du Journal a pris son envol et gagné en crédibilité en vertu de l’inébranlable présence de Claude Bédard à sa tête pendant 28 ans.

Fidèle au poste de 1969 à 1997, M. Bédard a rapidement inspiré le respect du lectorat par ses vastes connaissances et son omniprésence dans la vie sportive de Québec.

Celui qui s’était auparavant fait connaître à titre de directeur général des défunts Indiens de Québec s’était permis une entrée en scène fort remarquée au Journal, une entrée à l’image des valeurs gagnantes qu’il a instaurées au sein de son équipe pendant près de trois décennies.

«Le Journal m’avait approché pour devenir directeur des sports et à cette époque, j’avais eu le front de leur dire: d’accord, mais je n’irai pas tant que je n’aurai pas d’abord remporté le championnat avec les Indiens», raconte-t-il aujourd’hui dans un grand éclat de rire.

Quelques semaines plus tard, le 13 septembre 1969, ses Indiens décrochaient les grands honneurs. Tenant parole, dès le lendemain, il entrait en fonction et signait sa première chronique.

«J’avais juste une idée en tête et ça n’a jamais changé: gagner. Pendant toutes ces années, j’ai toujours été animé par cette même motivation», souligne-t-il.

Équipe du tonnerre

À son arrivée, la maigre section des sports de l’époque comptait sur les services de trois journalistes… dont un seul qu’il a maintenu en poste. Peu à peu, d’autres journalistes se sont greffés à une section qui a plongé intensément dans l’aventure des Nordiques dans l’AMH et la LNH, en plus d’une riche couverture de la scène locale.

«Au départ, on vendait 8000 copies par jour. Tout jouait contre nous. Je ne voulais pas passer ma vie à tourner en rond et je suis sauté à deux pieds dans l’AMH même si le projet était très controversé.»

«Mais avant tout, mon histoire, c’est mon équipe. C’était plus fort que n’importe quoi. La force de notre section des sports, c’était d’avoir réussi à regrouper une équipe tenace, dévouée, déterminée et toujours habitée par le même esprit compétitif. Les gars travaillaient à mort et adoraient ça parce que l’ambiance était bonne. Ils ont eu la volonté de me suivre», estime M. Bédard.

Souvenirs impérissables

Qui dit 28 ans au Journal dit aussi d’innombrables souvenirs et anecdotes. S’il retient d’abord et avant tout ses premiers pas dans la salle de rédaction qui fut bien souvent son premier domicile, ainsi que l’accession des Nordiques à l’AMH, la rocambolesque arrivée des Fleurdelisés dans la Ligue nationale, en 1979, a aussi généré son lot d’émotions fortes.

Photo d’archives, Richard Cloutier

M. Bédard (au centre) était en compagnie des journalistes Albert Ladouceur et Claude Cadorette (aujourd’hui décédés) sur la galerie de presse du Colisée de Québec, en 1992.

«J’étais avec Marcel Aubut à New York quand la franchise a été octroyée à Québec par la LNH. La veille, nous étions passés à un cheveu de prendre un avion qui s’est écrasé en bout de piste. On devait le prendre, mais M. Aubut était en retard et on avait raté le vol. Tout le monde tentait de me rejoindre et Le Journal s’affairait déjà à monter sa page frontispice sur laquelle nous étions morts tous les deux», explose-t-il de rire, des années plus tard.

Toujours actif

À 80 ans bien sonnés et toujours droit comme un chêne, M. Bédard est aujourd’hui impliqué dans le milieu des affaires dans la région de Québec, sur des projets qu’il refuse de dévoiler. Son long passage au Journal fera toujours partie de son ADN.

«Québecor fait encore partie de ma famille. Ces années sont restées gravées dans mon c’ur. Ça fait 20 ans que je ne suis plus au Journal et je me fais encore intercepter partout à propos de ça. Je travaillais sans relâche et ces années ont été difficiles sur le plan familial, mais je n’éprouve aucun regret», confie celui qui se consacre aujourd’hui à ses cinq petits-enfants.

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