Le juge Girouard n’achetait pas de cocaïne assure un témoin

Le juge Girouard n'achetait pas de cocaïne assure un témoin

QUÉBEC Sous haute surveillance et après plusieurs tergiversations de la part des avocats, le détenu Yvon Lamontagne a entrepris jeudi matin son témoignage dans le cadre de l’enquête du Comité de la magistrature sur les allégations reprochées au juge Michel Girouard.

Se décrivant comme un «homme d’affaires» de Val-d’Or, celui qui est incarcéré depuis quatre ans et demi est venu apporter son éclairage sur les conversations entre lui et le juge Girouard captées par la Sûreté du Québec dans le cadre de l’opération Écrevisse.

Bien qu’il ait spécifié avoir plaidé coupable après une entente qui stipulait qu’il n’aurait plus à témoigner, l’homme de 54 ans a ajouté «n’avoir rien à cacher».

Client privilégié

Selon ce qu’il a raconté, le magistrat qui était, à l’époque des appels, son avocat était aussi un «client privilégié» sans être «un ami».

« Michel ne louait jamais de films sur le plancher parce qu’il prenait toujours ceux à venir», a-t-il mentionné en précisant qu’il «achetait aussi de vieux films, ceux qui avaient plus de trente jours» et qu’il lui faisait alors «un bon prix».

Après avoir écouté la première conversation enregistrée à leur insu par la SQ, l’avocate indépendante Me Marie Cossette a voulu savoir pourquoi, alors que les deux hommes parlent d’une opération subie par Lamontagne, ce dernier demande à brûle-pourpoint au juge «s’il veut aller au Canadian Tire».

«C’était une blague entre nous… un peu comme la femme qui dit «je note» dans l’annonce… C’est juste redondant et ça n’a pas vraiment de signification», a alors répondu le détenu forçant un sourire chez les quelques personnes présentes dans la salle.

Codes cachés’
Dans le cadre d’une opération anti-drogue visant plusieurs trafiquants de l’Abitibi, le juge Michel Girouard a été soupçonné de s’être procuré des stupéfiants alors qu’il était avocat de la défense.

Selon l’avocate indépendante, certains «codes» pourraient être au c’ur de ces conversations puisqu’à chacune des fois où le magistrat a logé des appels, il y a eu par la suite transaction de drogue entre Lamontagne et une personne liée au réseau.

Si le comité composé de trois juges venait à la conclusion qu’il y a bel et bien eu transaction de stupéfiants, le magistrat pourrait être destitué.

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