Le ministre Lessard victime d’acharnement selon Fournier

Le ministre Lessard victime d'acharnement selon Fournier

QUÉBEC – Plongé dans l’eau chaude alors que les histoires douteuses le concernant ne cessent de s’accumuler, le ministre Laurent Lessard est victime «d’acharnement», a vivement critiqué le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier.

«Je trouve qu’il commence à y avoir un certain acharnement sur mon collègue», a déploré M. Fournier devant la presse parlementaire, avant de se rendre au Salon bleu.

Le leader du gouvernement n’a pas du tout apprécié qu’une histoire impliquant la conjointe de Laurent Lessard fasse la première page du Journal de Québec et du Journal de Montréal, mercredi matin.

Notre Bureau d’enquête y révèle que la conjointe de l’actuel ministre des Transports, Johanne Binette, travaille pour un organisme qui a reçu 12,7 millions $ de programmes relevant du ministère des Affaires municipales à l’époque où M. Lessard en était le ministre responsable.

«Pour vous tout est apparence de conflit d’intérêts, a lancé M. Fournier, épris de colère devant les journalistes. […] Moi je dis qu’il n’y en a pas.»

Les partis d’opposition unanimes

Devant les nouvelles informations révélées, les partis d’oppositions s’entendent maintenant pour dire que M. Lessard n’a plus sa place au sein du conseil des ministres.

La Coalition avenir Québec a ajouté sa voix mercredi matin à celles de Québec solidaire et du Parti québécois, qui réclament le départ de M. Lessard.

«C’est extrêmement inquiétant, c’est une couche qui s’ajoute tous les jours», a déploré le député caquiste de Borduas, Simon Jolin-Barrette.

La CAQ souhaite également que le vérificateur général se penche sur le dossier, à l’instar des commissaires à l’éthique et au lobbyisme.

«Le premier ministre doit prendre ses responsabilités et demander à M. Lessard de se retirer des fonctions de ministère des Transports», a déclaré M. Jolin-Barrette.

La même demande a été répétée par le Parti québécois et Québec solidaire.

«Il a entre les mains un ministère qui est le plus gros donneur d’ouvrage, qui dépense le plus d’argent directement des Québécois et des Québécoises. Il doit se retirer», a dit la députée péquiste Agnès Maltais.

«Dans le refus de reconnaître qu’il y a un problème, M. Lessard démontre son incapacité, son manque de jugement sur le plan éthique. Il ne voit toujours aucun problème», a déploré le député de Québec solidaire, Amir Khadir.

Le commissaire à l’éthique critiqué

Québec solidaire et le Parti québécois ont aussi critiqué la capacité du commissaire à l’éthique d’imposer des sanctions aux députés qui contreviennent aux valeurs de l’Assemblée nationale.

Selon Amir Khadir, le commissaire, avec le code d’éthique actuel, «manque de dents».

«Je pense qu’on en est à une réflexion sur d’autres moyens d’assurer l’intégrité (des députés de l’Assemblée nationale), a dit M. Khadir. De toute évidence cette institution-là ne suffit pas. On ne peut pas à tout coup demander l’aide du vérificateur général, tantôt l’aide de tel commissaire, tel commissaire.»

«On a un problème dans le code», a indiqué de son côté la députée péquiste Agnès Maltais, en rappelant la décision rendue récemment dans le dossier du député libéral de Louis-Hébert, Sam Hamad.

«Le problème qu’on a, c’est que le commissaire à l’éthique a dit qu’il (M. Hamad) avait contrevenu aux valeurs de l’Assemblée nationale. C’est important les valeurs, a insisté Mme Maltais. C’est au-dessus du code. Or, il n’y a pas de sanctions accrochées aux valeurs. Il (le commissaire) ne peut pas en donner.»

«Il a tous les pouvoirs. On a remis tous les pouvoirs au commissaire», considère pour sa part le leader du gouvernement, Jean-Marc Fournier.

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