Le pari a été gagné par André Hainault

Le pari a été gagné par André Hainault

En 2012, le Québec a tourné le dos à la Major League Soccer pour tenter sa chance en Europe.

MONTRÉAL – En 2012, le Québécois André Hainault a tourné le dos à la Major League Soccer (MLS) pour tenter sa chance en Europe. Trois ans plus tard, force est de constater que son pari a rapporté.

Le natif de Vaudreuil-Dorion évolue présentement en deuxième division allemande, dans l’antichambre de la puissante Bundesliga.

Si son club actuel, le modeste VfR Aalen, est encore loin de rejoindre le Bayern Munich ou Dortmund dans l’un des meilleurs championnats au monde, le défenseur central est tout de même l’un des rares Canadiens à avoir réussi à se tailler un poste au royaume du ballon rond.

«Le talent prime toujours, mais c’est plus difficile pour les Canadiens de se faire remarquer, a observé Hainault en entrevue téléphonique cette semaine. Disons que ce n’est pas comme si tu étais Brésilien. On te demande plutôt pourquoi tu ne joues pas au hockey!»

Le chemin d’Hainault vers l’Allemagne a été tortueux. Sans pacte au terme de son association de quatre saisons avec le Dynamo de Houston , il s’est d’abord tourné vers l’Écosse, où il a porté les couleurs de Ross County pendant six mois.

«À la fin de mon contrat avec Houston, je n’avais pas d’options pour rester en MLS, mais ma femme et moi voulions retourner en Europe, a confié l’athlète de 28 ans, qui a évolué en République tchèque de 2005 à 2009.

«À l’époque on n’avait pas d’enfant, on voulait voyager et voir du pays.»

Attirer l’attention

Ses succès en Scottish Premier League ont rapidement attiré l’attention des recruteurs.

«On avait l’option de rester en Écosse, mais on a sauté sur l’opportunité de venir en Allemagne, a expliqué celui qui a disputé 104 matchs en MLS.

«J’ai toujours aimé le pays, a-t-il poursuivi. La ligue est bonne, bien organisée, sans problème de corruption comme en République tchèque. On voyait que les équipes s’amélioraient. En plus, les clubs allemands connaissent beaucoup de succès sur la scène internationale.»

La première saison d’Hainault en terre allemande s’est déroulée à merveille. Le Québécois s’est imposé comme titulaire en défensive, aidant sa formation à demeure en deuxième division. Les derniers mois ont cependant été plus difficiles, une blessure au tendon d’Achille le forçant à s’absenter pour plusieurs matchs.

Des mondes différents

Du bout du banc, le numéro 3 a eu l’occasion de jauger les différents circuits pour lesquels il a évolué au cours des dernières années.

«C’est toujours dur de comparer les ligues, mais je dirais même que les meilleures équipes de deuxième division allemande sont plus fortes que les clubs de têtes de la MLS, a soutenu l’arrière.

«L’écart entre les équipes est peut-être plus grand ici. Les joueurs de Cologne ou Köln peuvent toucher de cinq à six fois notre salaire. Les clubs les plus riches accaparent les meilleurs éléments, alors qu’en MLS, toutes les équipes ont sensiblement le même budget [en raison du plafond salarial].»

Un intérêt pour l’Impact

Depuis le Vieux Continent, Hainault observe toujours l’évolution du meilleur circuit nord-américain.

«J’ai beaucoup d’intérêts pour la MLS, a reconnu le défenseur, dont le contrat de deux ans prend fin cet été. Je garde un il sur les équipes canadiennes, particulièrement sur l’Impact [de Montréal], évidemment. Je suis Québécois, l’idée de jouer chez moi, dans ma ville, est séduisante.»

«J’ai gardé mes contacts au sein de la ligue et j’ai toujours eux de bonnes relations avec l’Impact [pour qui il a joué brièvement en début de carrière]. Ils m’ont approché lorsqu’ils sont arrivés en MLS, mais le moment n’était pas bon pour moi», a-t-il confessé, suggérant au passage que Montréal serait une option intéressante pour lui dans quelques années.

Pour l’instant, il n’est cependant pas pressé de quitter Aalen, une ville de 60 000 habitants, où sa femme a donné naissance à un premier enfant il y a sept mois.

Hainault entend vivre son rêve allemand encore longtemps.

«Le rêve d’un joueur est toujours d’aller plus loin, de jouer dans des matchs importants au meilleur niveau, d’évoluer dans la meilleure ligue possible.»

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