Le projet de rachat des permis de taxi qualifié de ridicule

Le projet de rachat des permis de taxi qualifié de ridicule

Le projet du ministre Jacques Daoust de racheter les permis de taxi pour ensuite les louer à UberX ne tient pas la route, selon plusieurs experts.

«Tout ce que le ministre propose, c’est de nationaliser une industrie dont il contrôle déjà l’accès. C’est d’un ridicule consommé. [La proposition] ne règle pas le problème fondamental qui est qu’on a un nombre si limité de permis», lance Vincent Geloso, chercheur à l’Institut économique de Montréal (IEDM).

Celui-ci réagissait à l’annonce mercredi du ministre des Transports, Jacques Daoust, qui n’a toutefois pas proposé de prix pour le rachat ni la location.

Une proposition qui est loin d’être révolutionnaire, étant donné que plusieurs propriétaires louent déjà leurs voitures à des chauffeurs de taxi qui n’ont pas leur propre permis, analyse le porte-parole de l’organisme Transport 2000.

«Amorcer la semaine avec une dette de 500 $ pour louer son permis et devoir ensuite la rembourser à coups de courses à 10 $, ça se fait déjà et ce n’est pas intéressant […] Il faut diminuer l’aspect incontournable des permis, parce qu’ils sont le problème, pas la solution, pour améliorer la mobilité à Montréal», dit Philippe Morin-Cousineau.

L’industrie du taxi considère UberX, service où tout automobiliste peut offrir des courses payantes, comme «illégal».

Même si Montréal était bien desservie par des transporteurs sans permis, un système de contrôle demeurerait pertinent pour conserver les taxis en région, où le marché n’est pas très attrayant pour des entreprises comme UberX, selon Renée Sieber, professeure en géographie spécialisée en transports à McGill.

«Les nouvelles compagnies de technologie cherchent surtout à s’installer dans des endroits où il y a une certaine densité de population. Il est donc sensé de garder les permis et les tarifs de base en région à titre d’incitatif pour les chauffeurs. Mais leur gestion devrait être locale, pas provinciale», indique Mme Sieber.

Ouverture du marché

Photo Agence QMI, Simon Clark

Jacques DaoustMinistre des Transports

L’annonce du ministre démontre tout de même une réelle ouverture de la part de Québec pour modifier l’industrie du taxi, indique pour sa part le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc.

«Pour une première fois, on a lancé un signal très clair qu’il va y avoir le rachat de permis», dit M. Leblanc.

UberX n’a pas voulu répondre aux questions du Journal.

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