Le projet immobilier au nord de George-Muir contesté par le conseil de quartier

Le projet immobilier au nord de George-Muir contesté par le conseil de quartier

Le conseil de quartier de Notre-Dame-des-Laurentides s’oppose à la troisième tentative de développement des terrains au nord de George-Muir qui se trouveraient, selon une carte récente, dans les limites du bassin versant de la prise d’eau potable de Québec.

Cette information inédite, soulevée par le conseil de quartier mercredi soir, se trouve dans la liste des arguments invoqués pour justifier le rejet du projet. Elle fait actuellement l’objet d’une «validation» par la Ville de Québec. Si elle devait se confirmer, la zone visée tomberait sous la juridiction du règlement de contrôle intérimaire qui limite la construction.

La carte litigieuse provient de l’APEL (Association pour la protection de l’environnement du lac Saint-Charles et des Marais du nord) qui s’est basé sur les données récentes fournies par le ministère de l’Environnement, nous a-t-on expliqué.

Sceptique et déçu de la tournure des évènements, le promoteur sherbrookois Donerail (Groupe Custeau) – qui a pris la relève de Sébastien Leboeuf dans l’espoir de développer les terres des s’urs du Bon-Pasteur – ne cache pas que ce rebondissement a eu l’effet d’une douche froide.

«Dans toutes les discussions qu’on a eues avec les biologistes, on nous a dit qu’on est dans le bassin versant de la rivière Duberger, on n’est pas du tout dans celui de la rivière Saint-Charles. On souhaite vraiment que ça ne vienne pas hypothéquer notre projet parce que cette donnée-là, on ne la connaissait pas et on trouve ça très surprenant que ça sorte aujourd’hui», a réagi l’urbaniste Jean-François Poulin du Groupe Custeau.

Projet de 230 unités

Le développeur immobilier, qui se décrit comme un «créateur de milieux de vie», multiplie les efforts depuis des mois auprès des citoyens du secteur pour favoriser l’acceptation de son projet nettement moins ambitieux que les deux premières moutures de M. Leboeuf rejetées par la population.

Le projet initial de 1 600 unités de logements a été ramené à 230 unités. Le promoteur s’est engagé à créer une zone de conservation naturelle afin de protéger 44% de la superficie des terres situées entre la sortie Bernier et la sortie Georges-Muir, le long de Laurentienne. Une zone tampon de 10 mètres de végétation sera également conservée entre les maisons actuelles et les futures constructions. Enfin, deux zones commerciales verront le jour.

«Ce n’est pas facile de faire consensus mais il y en a qui sont très heureux. On était convaincus qu’on avait un projet mobilisateur, qui répondait aux attentes des citoyens. On a été surpris de la réaction du conseil de quartier», a commenté Denis Custeau, qui demeure confiant malgré tout de convaincre une majorité de citoyens dans l’éventualité d’un référendum au sujet du changement de zonage.

Destruction de milieux humides

Denis Béland, qui préside le conseil de quartier, reconnaît les «efforts louables» du promoteur et ses «habiletés» de vendeur mais il déplore toujours la destruction partielle de milieux humides, la destruction d’une tourbière et redoute une «forte aggravation du bruit provenant à la fois de l’autoroute 73 et de la cour du magasin voisin Canac-Marquis», peut-on lire dans la résolution adoptée mercredi soir.

Pessimiste face à la suite des choses, il déplore aussi le manque de transparence du promoteur qui refuse de rendre publique son étude de caractérisation des sols. Quelle que soit l’opinion qu’on émette, notre opinion n’est jamais (considérée). La seule poignée qu’on a, c’est le processus référendaire et ils veulent nous l’enlever avec le projet de loi 122», a-t-il confié en entrevue, se défendant d’être atteint du syndrome «pas dans ma cour».

M. Custeau affirme au contraire que son projet, qui a fait l’objet de nombreuses discussions avec le ministère de l’Environnement, assurera la survie à long terme du milieu humide. En entrevue téléphonique, son confrère Jean-François Poulin précise que 665 000 pieds carrés de milieux humides seront conservés alors que 326 000 pieds carrés seront détruits. Des mesures de compensation ont toutefois été prévues.

Une consultation publique le 14 mars

Le conseil d’arrondissement de Charlesbourg tiendra une consultation publique mardi prochain. Le conseiller municipal du quartier, Patrick Voyer, promet d’avoir à ce moment-là tous les éléments en main pour répondre aux interrogations des citoyens.

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