Le sort de Stéphane Godasse Gagné est maintenant entre les mains du jury

Le sort de Stéphane Godasse Gagné est maintenant entre les mains du jury

Sans aucune opposition à sa demande de sortie de prison anticipée, le délateur Stéphane «Godasse» Gagné vogue-t-il tout droit vers la liberté’ Son sort est maintenant entre les mains du jury.

Les 12 jurés chargés du sort de Gagné ont été séquestrés vers 12h30 ce matin, après avoir reçu les directives du juge la Cour supérieure Jerry Zigman.

Pendant trois heures, le magistrat leur a expliqué la tâche qu’ils devaient accomplir, en plus de leur résumer la preuve entendue dans les deux dernières semaines.

Stéphane Gagné purge actuellement une peine de prison à vie sans possibilité de libération avant 25 ans pour le meurtre de la gardienne de prison Diane Lavigne, survenu le 26 juin 1997.

En pleine guerre des motards, «Godasse» Gagné avait reçu l’ordre de Maurice Mom Boucher d’assassiner l’agente correctionnelle pour déstabiliser le système de justice. Arrêté en 1997 pour ce meurtre, Gagné a retourné sa veste. Le témoignage du tueur des Hells Angels a permis de faire condamner le patron du groupe de motards Boucher à la prison à vie.

Le jury de 12 personnes réuni depuis ce midi dans une salle du palais de justice de Montréal doit maintenant déterminer si le délateur mérite d’être admissible à une libération conditionnelle avant 2022, comme il le prétend.

Pour ce faire, les jurés devront analyser son caractère, sa conduite en détention, la nature de l’infraction commise un meurtre ainsi que les informations fournies par la famille de la victime.

Impliqué dans deux meurtres

Dans ses directives, le juge Zigman a répété que quelqu’un qui a commis plus d’un meurtre ne peut bénéficier de ce privilège.

Or, Stéphane Gagné a aussi été impliqué dans l’assassinat du gardien de prison Pierre Rondeau. Bien que ce ne soit pas lui qui ait tiré, il était présent.

En devenant délateur, il a signé une «entente à l’effet qu’il plaidait coupable à un meurtre, pas deux. Sinon, il n’aurait pas été admissible à présenter cette requête devant vous», a rappelé le juge Zigman.

Plusieurs personnes connues du système de justice québécois, dont un juge et des avocats, ont appuyé la demande de libération conditionnelle anticipée de Gagné. La Couronne ne s’y oppose pas non plus.

C’est néanmoins le jury qui devra décider si la bonne conduite du délateur en prison, ses regrets et les services qu’ils a rendus à la justice sont suffisants pour qu’il puisse commencer une nouvelle vie avec une nouvelle identité plus tôt que prévu.

Autre demande

Si les 12 citoyens jugent que Gagné ne représente pas un risque pour la société, il aura droit à un audience devant la Commission des libérations conditionnelles (CLCC). Ultimement, c’est cette instance qui remettra le délateur en liberté ou non. Ce dernier devra se soumettre aux conditions de la CLCC et celles imposées par le Service de protection des témoins de la Sûreté du Québec pour le reste de ses jours.

Dans l’éventualité où les jurés refusaient la requête de Stéphane Gagné, ils pourraient lui permettre de faire une autre demande. Le délateur devrait toutefois attendre au moins cinq ans encore, alors qu’il ne lui en reste que sept à purger.

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