Le suspect du double meurtre était une bombe à retardement

Le suspect du double meurtre était une bombe à retardement

Le jeune homme qui aurait abattu deux personnes, en plus d’en blesser une troisième hier, à Montréal, était une véritable bombe à retardement qui n’aurait jamais dû se retrouver dans la rue, selon sa mère.

«Il est malade, mon gars. Il aurait dû être à l’hôpital, ça fait longtemps», laisse tomber la mère de Frédérick Gingras.

Les problèmes de santé mentale et la consommation de drogue de l’homme de 21 ans lui ont valu plusieurs démêlés avec la justice. Le plus récent en lice: avoir asséné un «solide» coup de poing au visage de sa mère lorsqu’il était en crise, en octobre dernier.

La dame avait pourtant tout tenté pour que son grand gaillard ait les soins dont il avait besoin en lien avec ses troubles psychotiques. «J’en veux au médecin qui a diminué sa médication cet été. J’en veux à la juge qui l’a laissé sortir [il y a deux semaines]. C’était le temps de s’en occuper. Il aurait fallu lui imposer des soins», lance la dame qui a requis l’anonymat.

Cavale meurtrière

Frédérick Gingras a été arrêté dimanche soir près du quartier Dix30, à Brossard, au terme de ce qui semble être une terrible virée meurtrière. Selon nos informations, une proche a reconduit le jeune homme dans une station de métro, sans se douter de ses intentions macabres.

Gingras se serait rendu dans l’est de Montréal, où il aurait d’abord abattu un homme dans la vingtaine. Les circonstances de ce premier meurtre demeurent nébuleuses, mais cela pourrait être lié à une transaction de stupéfiants.

Le suspect a ensuite pris la fuite jusqu’à une station-service du secteur Pointe-aux-Trembles. Il aurait alors fait feu sur une femme de 49 ans qui attendait que sa fille termine son quart de travail. La mère de famille a succombé à ses blessures alors que le tireur prenait la poudre d’escampette avec la voiture de celle-ci.

Le véhicule a été retrouvé accidenté et abandonné moins de deux kilomètres plus loin, à l’angle de la rue Notre-Dame-Est et du boulevard St-Jean-Baptiste.

Le jeune homme se serait ensuite rendu à pied jusqu’à une résidence de la rue de Normandie, où il aurait exigé les clés du véhicule d’un sexagénaire à la pointe d’une arme longue. Le propriétaire du véhicule a été blessé aux jambes par le suspect qui s’est à nouveau enfui.

Une chasse à l’homme s’est ensuite enclenchée dans le tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, puis sur l’autoroute 132, sur la Rive-Sud. Le chauffard aurait perdu la maîtrise de son véhicule à l’intersection des autoroutes 10 et 30. Il aurait encore réussi à fuir les policiers, qui ont fini par le rattraper près du quartier Dix30.

Le récit de ces tragiques évènements est un véritable cauchemar pour la mère de Frédérick Gingras.

Médication requise

Cette dernière ne se serait jamais doutée que son fils puisse apparemment commettre de tels gestes.

«J’ai tellement de peine. Ce n’est pas facile d’être la mère d’un garçon psychotique. Et quand tu apprends qu’il a fait quelque chose comme ça… J’ai tellement de peine», a-t-elle confié au Journal, en tentant de retenir ses larmes.

«Tu ne peux pas juste donner une injection à quelqu’un et le remettre dehors comme ça. S’il est laissé à lui-même, c’est sûr qu’il va commettre un délit. On ne laisse pas un chien dehors sans soins, encore moins un gars malade», continue-t-elle.

Frédérick Gingras devait normalement avoir une injection de médicament chaque mois depuis près de quatre ans, d’après sa mère. Il aurait dû recevoir la dernière il y a quatre jours, selon elle. «Il ne doit pas l’avoir eue. Ce n’est pas drôle ce qu’il a fait. Il ne s’est pas juste battu. Même lui, quand il va reprendre ses esprits, il va capoter ben raide», croit la dame.

– Avec la collaboration de Maxime Deland

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