Les Américains préfèrent Québec

Les Américains préfèrent Québec

Québec est en route pour une année exceptionnelle sur le plan touristique d’après des interve­nants du milieu.

Si le faible dollar canadien aura son mot à dire, les terribles attentats terroristes de Paris et de Bruxelles devraient aussi inciter les voyageurs à se tourner vers la Vieille Capitale. Plusieurs intervenants du milieu touristique régional affirment que Québec bénéficiera sans aucun doute du con­texte politique actuellement tendu du côté de l’Europe.

«C’est sûr que les atten­tats font peur aux Américains, note José de Freitas, directeur général du Four Points by Sheraton. C’est terrible et incompréhensible ce qui arrive là-bas, mais ça peut effectivement amener un achalandage à Québec.»

Les premiers mois de 2016 rappellent d’ailleurs à M. de Freitas l’année marquante des fêtes du 400e.

«La façon dont les réservations entrent en ce moment, c’est 2008 tout craché. On a connu un hiver exceptionnel et ça va continuer cet été», se réjouit l’hôtelier.

La présidente de l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ) affirme aussi que l’inquiétude post-attentats est perceptible chez les touristes actuellement. «Les gens y pensent, on sent une certaine appréhension, c’est sûr. La faiblesse du dollar et la sécurité reconnue de Québec, teintées d’un fond de turbulence en Europe pourraient donc aider la région», explique Michelle Doré, qui insiste toutefois sur les nombreuses variables qui influent sur l’industrie.

Alain April, du Château Bonne-Entente, estime que la véritable preuve des répercussions des attentats viendra au cours des prochaines semaines.

«Si les grandes compagnies aériennes ajustent leurs listings de vol vers l’Europe pour l’été, ça voudra dire qu’il y a un impact», note celui qui est également à la tête du Carnaval de Québec.

Représentant pour beaucoup de gens «l’Europe à portée de voiture», Québec tire déjà son épingle du jeu depuis le début de l’année, mais Michelle Doré refuse de se laisser emporter. Et ce, malgré les bons résultats et les attentes élevées qu’ont les hôteliers pour 2016.

La présidente de l’AHRQ rappelle la fragilité du secteur d’activité, mais aussi d’une réputation dans le milieu. «C’est tout un écosystème qui est très fragile et on a le monde entier comme concurrent. […] Il suffit d’une chose pour éliminer le sentiment de sécurité.»

Des retombées des attentats de Paris et de Bruxelles pourraient effectivement être observées dans l’industrie touristique québécoise, selon un spécialiste universitaire. Ce dernier met toutefois les organisations en garde: on ne doit pas trop s’appuyer là-dessus.

«La réalité est que, oui, Québec est une destination sécuritaire. Mais on ne peut pas tabler là-dessus pour attirer des touristes américains, croit Louis Bourdeau, professeur en tourisme à l’Université Laval. S’ils nous perçoivent comme étant un environnement sécuritaire, tant mieux. Mais ils doivent avant tout nous percevoir comme une destination attrayante et intéressante par son offre touristique globale.»

L’expert insiste pour que les organisations touristiques continuent leur travail de promotion et poursuivent le développement d’une offre de tourisme qui piquera la curiosité des marchés potentiels. Parce que les impacts des attentats sur le tourisme européen ne seront pas éternels, rappelle-t-il.

«Ces événements ponctuels ont effectivement une influence, mais ils sont rapidement oubliés. À Paris, oui, il y a eu des attentats, mais les touristes sont de retour parce que la tour Eiffel est encore là aujourd’hui, comme tous les autres attraits de la ville», fait remarquer M. Bourdeau.

Pour le spécialiste du marketing touristique, l’utilisation de l’aspect sécurité pour mousser l’intérêt envers Québec ne servirait tout simplement à rien. «Tout le monde s’attend d’un restaurant qu’il soit propre, mais vous ne verrez jamais un restaurateur crier: Venez chez nous, on est propre!’ C’est la même chose avec la sécurité.»

Cette «publicisation» de l’environnement sécuritaire qu’est Québec doit plutôt se faire par les touristes eux-mêmes, après leur séjour. «C’est le genre de bonne publicité qui se fait par le bouche-à-oreille et non par l’office du tourisme», note Louis Bourdeau, qui croit que les organisations devraient continuer à mettre leur énergie dans la promotion des nombreux attraits de la région.

L’Europe courtise le monde

Pendant ce temps, l’Europe tente de regagner le c’ur des touristes.

Meilleur prix d’un vol aller-retour Montréal-Paris: 630 $

Meilleur prix d’un vol aller-retour Montréal-Bruxelles: 621 $

Les experts prévoient que la baisse des prix se poursuivra durant la haute saison afin de «recréer la demande».

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