Les coupes ne les arrêtent pas, directeurs d’école en congrès dans un chic hôtel

Les coupes ne les arrêtent pas, directeurs d'école en congrès dans un chic hôtel

Alors que le monde de l’éducation crie famine, plus de 200 directeurs d’école montréalais participeront à un congrès aux frais des contribuables dans un chic hôtel de Saint-Sauveur, pour la deuxième année consécutive.

La Commission scolaire de Montréal (CSDM) est furieuse qu’une centaine de ses directeurs d’école la fassent payer pour leur participation à un congrès qui se tiendra aussi loin de Montréal.

Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

C. Harel-BourdonPrésidente CSDM

Déjà, la présidente Catherine Harel-Bourdon a annoncé que son organisation ne paiera pas pour les frais de déplacement de ses employés vers Saint-Sauveur.

«On n’est pas contents. C’est assez. La commission scolaire n’a pas d’argent. C’est important la formation, on ne le nie pas, mais pourquoi faire ça à Saint-Sauveur’ Il y en a des hôtels à Montréal», blâme-t-elle.

Parents mécontents

Photo courtoisie

Le Manoir St-Sauveur

En mai 2015, Le Journal révélait que l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire (AMDES) organisait un congrès au Manoir Saint-Sauveur, avec soirée dansante aux frais des contribuables.

L’affaire avait fait un tollé et la CSDM avait par la suite adopté une résolution en séance extraordinaire pour encadrer les dépenses de formation.

Or, l’AMDES récidive cette année avec une formule plus modeste d’une nuit d’hébergement au lieu de deux et a fait commanditer sa soirée dansante.

Ces changements ne satisfont pas le Comité de parents de la CSDM. «Ils n’ont rien compris. C’est encore à Saint-Sauveur. Imaginez l’image que ça envoie alors que nos écoles sont en décrépitude», déplore la vice-présidente Julie Wagner.

Pas un gaspillage

Photo d’archives

Le Manoir St-Sauveur

De son côté, l’AMDES refuse de voir là un simple «gaspillage de fonds publics».

«C’est important de se rencontrer, de réseauter. Un hébergement à Montréal coûterait beaucoup plus cher, à notre avis. Quant à l’idée de faire ça dans un gymnase d’école, imaginez quel genre de qualité de rencontre on aurait!» souligne la présidente Hélène Bourdages.

«C’est un investissement dans la formation de nos directions d’école. Nous considérons avoir fait un effort raisonnable pour réduire nos frais cette année. On a à c’ur l’utilisation des enveloppes budgétaires.»

Environ 240 directeurs de la CSDM et de la Commission scolaire Pointe-de-l’Île (CSPI) participeront au congrès. La CSPI n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Le congrès «Au c’ur du changement… Y voir plus clair!»

Les 14 et 15 avril 2016 au Manoir Saint-Sauveur

Coûts: forfaits remboursés par la CSDM allant de 230 $ à 455 $, en fonction de la nuitée à l’hôtel, du nombre de repas et de la présence ou non du conjoint (à ses frais)

Plusieurs ateliers, dont un panel intitulé «Et si on s’en parlait», animé par l’ex-journaliste Esther Bégin, et une conférence sur le projet de loi 86 sur la gouvernance scolaire

Une conférence pour «Apprivoiser les forces du stress»

Soirée dansante commanditée avec le groupe «Dance-Floor Avenue»

Plus de 240 membres de la direction de la Commission scolaire de Montréal et de la Commission scolaire Pointe-de-l’Île sont attendus

Pour la troisième fois

C’est la troisième fois que l’AMDES fait parler d’elle à propos de son congrès annuel. En 2010, Le Journal rapportait que 300 directeurs d’école avaient participé à un congrès au Château Mont-Saint-Anne, un centre de villégiature quatre étoiles situé à Beaupré. Les forfaits variaient de 440 $ à 610 $ et l’AMDES avait évalué que l’événement avait coûté 120 000 $ aux contribuables.

L’AMDES inquiète des compressions budgétaires

La présidente de l’AMDES, Hélène Bourdages, s’est toujours dite préoccupée par les compressions budgétaires touchant la CSDM. Dans une entrevue accordée au quotidien Le Devoir en septembre 2014, elle déclarait: «Actuellement, quand on ouvre une classe, on doit acheter les tables et les chaises à même le budget de l’école parce que la commission scolaire n’a plus rien, dit-elle. En faisant une règle de trois, c’est environ des coupes de 45 000 $ pour chacune des 200 écoles. Imaginez. On n’y arrive pas».

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