Les employés sur la drogue sont plus nombreux qu’on croit

Les employés sur la drogue sont plus nombreux qu'on croit

Les employés sous l’influence de la drogue ou de l’alcool sont plus nombreux qu’on croit, et ce, dans tous les milieux, selon plusieurs experts.

«Je ne dirais pas que c’est la norme, mais ce n’est pas l’exception non plus», souligne l’avocate Chantale Lemay, spécialisée en santé et sécurité au travail.

Lundi, Le Journal révélait que 46 employés de la Société de transport de Montréal ont échoué à des tests de dépistage depuis cinq ans.

Pour Me Lemay, dont l’entreprise GPI Québec offre des conseils au secteur manufacturier, c’est aussi plus répandu dans les quarts de nuit.

«Ce n’est pas évident à contrôler, surtout dans les régions plus éloignées où il y a une pénurie de main-d »uvre», poursuit-elle.

Un employeur lui a même déjà dit qu’il devrait abolir ses quarts de nuit par manque d’employés s’il devait se mettre à faire des tests de dépistage.

Par contre, elle encourage les employeurs à faire ces tests, car les ris­ques sont nombreux. «Ce n’est pas rassurant pour un collègue s’il sait qu’un opérateur de machinerie lourde a pris une peanut», dit-elle.

D’ailleurs, l’usage de méthamphétamines, des speeds, gagne en popularité, selon le consultant en ressources humaines Luc Chabot, puisque ces drogues sont faciles d’accès.

Très répandu

Pour sa part, le Centre québécois de lutte contre les dépendances estime qu’un travailleur sur 10 a un problème de surconsommation de drogue ou d’alcool.

Même si la directrice générale Anne Élizabeth Lapointe assure que cela ne signifie pas nécessairement que 10 % des travailleurs consomment au travail, les conséquences restent les mêmes.

«Comme le taux d’absentéisme est plus élevé, les employeurs n’ont pas intérêt à fermer les yeux», croit-elle.

Selon elle, l’usage de drogue est plus fréquent dans les métiers où la pression est grande, comme la médecine, le droit ou la finance. Par contre, les métiers plus routiniers, comme les usines à chaînes de montage, ne sont pas épargnés.

Une excuse

Pour le Dr Jean-Pierre Chiasson, qui aide les toxicomanes depuis 30 ans, utiliser l’argument de la pression au travail ou de l’ennui n’est qu’une «excuse».

«C’est trop facile de mettre ça sur le dos de son travail. Obama a un job stressant et il ne consomme pas», dit-il.

À sa clinique Nouveau Départ, ses 30 lits sont toujours pleins et sa clinique privée attire une clientèle plus aisée.

«J’ai soigné un médecin qui a été pris intoxiqué à l’alcool à son travail. Nous voyons des avocats, des pharmaciens et beaucoup de pilotes d’avion», dit-il.

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