L’opposition au projet Optilab s’organise

L'opposition au projet Optilab s'organise

L’opposition au projet Optilab du ministre Gaétan Barrette de réformer et de centraliser les services de laboratoires médicaux de la province s’organise et se fait virulente.

Jeudi matin, en conférence de presse, les porte-parole en matière de santé du Parti québécois et de Québec solidaire, Diane Lamarre et Amir Khadir, ont vertement critiqué le gouvernement Couillard pour sa gestion de ce dossier. Durant leur sortie publique, ils étaient accompagnés de représentants des travailleurs et travailleuses de ces laboratoires, de médecins spécialistes et du monde municipal, eux aussi mécontents et inquiets des changements envisagés par Québec.

Carolle Dubé, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), a déploré que le gouvernement discutait de ce projet depuis des années pour, soudainement, la semaine dernière, convoquer syndicats et syndiqués pour les informer que des changements s’en venaient.

«Dans le cadre de ces rencontres-là, nos membres […] ont appris qu’ils seraient probablement transférés, délocalisés, a affirmé Mme Dubé. Et les gens ont aussi appris que ce projet-là […] allait apporter des pertes d’emploi de l’ordre de 10 % à 20 %. Ça, sur 5000 technologistes, là, ça veut dire des pertes possibles de 500 à 1000 postes de technologistes médicales.»

Considérant que le ministère de la Santé mène ce dossier sans tenir compte des travailleurs, Mme Dubé a ajouté que son syndicat compte «entreprendre des recours en vertu du Code du travail par le biais notamment de griefs et d’une plainte au Tribunal administratif du travail. L’APTS entend aussi contester la fusion des laboratoires.

Martin A. Champagne, de l’Association des médecins hématologues et oncologues du Québec a expliqué que «les médecins spécialistes, les biochimistes cliniques, les experts de laboratoires ont mis en garde à plusieurs reprises le ministère de la Santé contre la précipitation dans un dossier aussi complexe qu’Optilab». «Présentement, le projet semble aller de l’avant, et on exprime beaucoup d’inquiétudes parce qu’on a l’impression que les choses ne sont pas en place encore pour assurer la sécurité de nos patients.»

«Le projet Optilab, en fait, c’est qu’on considère qu’un laboratoire est une usine de parapluies qui va rouler 24 heures par jour, sept jours par semaine», a-t-il déploré.

De son côté, la Fédération québécoise des municipalités demande entre autres au gouvernement «de mettre sur pied un comité permettant de déterminer l’impact du projet d’Optilab sur l’occupation et la vitalité des communautés […] touchées, […]» et qu’il «reporte l’implantation du projet Optilab au moins jusqu’à ce que les travaux du comité soient menés à terme et rendus publics». La FQM veut également participer à des consultations.

Le député Amir Khadir, qui est médecin spécialiste de laboratoire encore actif dans le réseau de la santé, accuse le gouvernement d’agir de façon «tout à fait irresponsable et de manière tout à fait insensible» en voulant concentrer les services de laboratoire.

«Ça n’a peut-être pas été mentionné, Optilab, c’est une terrible concentration des laboratoires médicaux, des fois à ces échelles inimaginables sur le plan du territoire, des échantillons prélevés à Gaspé doivent maintenant se rendre à Rimouski, je ne sais pas… ça fait 300 ou 400 kilomètres, sur des distances énormes […].»

Diane Lamarre, du Parti québécois, «demande à l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) de se pencher sur la centralisation des laboratoires, et ce, avant la mise en place du projet Optilab imposé par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette». «[…] Il est urgent que l’INESSS nous donne l’heure juste quant aux économies que le ministre prétend pouvoir faire.»

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