Los Tres Amigos ou le partage du monde

Los Tres Amigos ou le partage du monde

Ils sont trois, on les surnomme «Los Tres amigos». Le premier est à la tête d’un pays où il y a eu, au cours de sept dernières années, plus de 27 000 disparitions, des assassinats de masse de femmes, d’étudiants, de journalistes et de syndicalistes, un pays qui est le royaume incontesté des narcotrafiquants.

Le second est un roi-ponpon qui roule ses mécaniques, de selfie en selfie, en s’imaginant être un rouage incontournable dans le nouvel ordre mondial et qui se fait le défenseur acharné du multiculturalisme, avec pour but avoué d’écraser toute velléité d’indépendance et de souveraineté au Québec.

Et le troisième est celui qui possède l’armée la plus puissante du monde, qui est le premier fabricant d’armes létales, qui organise, encourage et fomente des coups d’État en fonction de ses intérêts de globalisation, comme ce qui est en train de se produire dans plusieurs pays d’Amérique latine, et qui distribue conseils et recommandations, quand ce ne sont pas des ordres à peine déguisés, pour mieux organiser le marché mondial en détruisant les économies nationales. Depuis leur naissance, les États-Unis sont intervenus plus de 200 fois dans les affaires internes d’autres pays, ils possèdent entre 700 et 1000 bases militaires dans 100 pays sur les 5 continents.

Car de quoi s’agit-il au juste’ De sécurité et de lutte au terrorisme’ Les États-Unis sont les principaux responsables des actes de terrorisme dans le monde. En bombardant directement ou indirectement (avec drones) des populations civiles, ils ont créé le ministère de l’Insécurité mondiale. Et le président Obama ne s’est pas gêné, dans son discours devant le parlement canadien, mercredi dernier, de demander au gouvernement canadien un plus grand effort à l’intérieur de l’OTAN qui bombarde le soi-disant ennemi islamiste.

De souveraineté nationale’ Les États-Unis, avec leurs pays-satellites européens, sont les premiers à rejeter les principes de souveraineté au nom de la globalisation et des intérêts du marché. Les frontières n’ont plus leur raison d’être et vouloir défendre la souveraineté nationale est devenu suspect, est synonyme de protectionnisme, de repli identitaire. Bref, il faut s’ouvrir à l’autre, sous peine de passer pour démagogues, pour des gens haineux, fascistes, réactionnaires qui refusent le progrès, des xénophobes qui veulent ériger des murs entre peuples.

C’est un peu le climat qui prévaut ici et là depuis la victoire du Brexit. Une certaine gauche et surtout les tenants du libéralisme économique, les globalistes et autres mondialistes y voient un recul, un repli sur soi, une victoire des forces obscurantistes, des vieux, des gens sans éducation, de même qu’un rejet d’une Europe moderne. Ils questionnent même l’idée d’un référendum, comme si le peuple «peu instruit» n’était pas habilité à se prononcer sur une question aussi grave.

Ces nouveaux archanges de la liberté de commerce, ces nouveaux agents de la libre circulation sont incapables de voir que le projet politique de l’Union européenne a été spolié depuis longtemps par une nouvelle classe de bureaucrates qui vivent grassement à ses dépens, dans une bulle complètement déconnectée de la réalité. Ils sont plus de dix mille, à Bruxelles, à gagner davantage qu’un premier ministre ou un chef d’État, à vivre avec toutes sortes de privilèges, sans payer d’impôts, «à boire, à manger et à voyager tous frais payés». Payés par qui’ Par les travailleurs européens, ceux du Sud, entre autres, qui s’appauvrissent, qui n’ont pas encore connu les bienfaits annoncés de la non-concurrence par la magie du libre-échange et de ladite autorégulation des marchés.

L’Union européenne a accouché d’un monstre, d’un hybride qualifié de «fédéralisme furtif» par certains, mais de Big Brother par d’autres, car c’est ce monstre qui dicte maintenant ce qui doit entrer dans la fabrication d’un camembert, d’une mayonnaise et d’un saucisson, par exemple, qui décide comment se cultive l’endive ou la tomate, comment on engraisse l’agneau, le b’uf, le poulet, comment se fabrique l’huile d’olive ou le gros rouge qui tache. Au grand plaisir de Monsanto et de ses semblables.

Or, il semble que les populations, surtout les classes populaires, veulent de moins en moins de ce contrôle. L’État-nation n’est pas prêt de disparaître. C’est la seule entité démocratique dans laquelle un peuple, avec sa langue, sa culture, ses institutions, son histoire, ses valeurs peut se reconnaître et agir en fonction du bien commun. Il faudra bien que l’Union européenne s’y fasse et s’ajuste.

C’est de cela et de quelques autres questions que Los Tres Amigos ont discuté en privé, à Ottawa, où le premier ministre du Québec a été invité pour «claquer des mains», lorsque le G.O. le demandait.

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