Marcel Aubut démissionne et présente ses excuses

Marcel Aubut démissionne et présente ses excuses

03-10-2015 | 07h35

Dernière mise à jour: 03-10-2015 | 14h23

MONTRÉAL – Marcel Aubut a confirmé samedi matin sa démission du poste de président du Comité olympique canadien (COC), et ce, «avec le sentiment du devoir accompli».

L’homme d’affaires québécois s’était retiré temporairement mercredi de ses fonctions le temps que le COC enquête sur les allégations de harcèlement sexuel.

Dans sa déclaration, M. Aubut s’est excusé «sincèrement auprès des gens que mon comportement aurait offusqués».

«Je suis conscient que, parfois, mon attitude a pu être perçue comme discutable auprès de certaines personnes de la gent féminine et avoir entraîné un sentiment de malaise. Je le réalise. Et je vais m’ajuster», a déclaré M. Aubut.

«Ces considérations font en sorte que j’annonce aujourd’hui ma démission à titre de président du Comité olympique canadien, auquel j’ai consacré les dix dernières années de ma vie et pour lequel je me suis battu avec toute mon énergie», a ajouté l’ancien président.

Dans la foulée, le COC a annoncé que le processus de nomination d’un président par intérim sera lancé dans les prochains jours.

Plusieurs révélations

Selon des informations obtenues par TVA Nouvelles, la plainte déposée par une employée de la Fondation olympique canadienne aurait été retirée. La femme n’aurait pas obtenu de compensation financière contre le retrait de sa plainte.

Dans un communiqué, le Comité olympique canadien a confirmé qu’après la démission et «selon les souhaits du plaignant, l’enquête spécifique annoncée et menée par le juge François Rolland, cessera».

«Nous souhaitons remercier le plaignant qui s’est manifesté grâce à son immense courage, peut-on lire également dans la déclaration du COC. Le processus indépendant examinant toute autre plainte se poursuivra sans interruption. Nous espérons toujours que toute personne ayant une préoccupation entre en contact avec nous.»

Rappelons que deux autres femmes, une avocate impliquée dans le sport, Amélia Salehabadi-Fouques, ainsi qu’une ancienne adjointe administrative de l’avocat, ont parlé publiquement de présumés comportements inappropriés de Marcel Aubut.

Marcel Aubut est d’avis que la situation actuelle «constitue une distraction majeure qui fait perdre de vue les véritables objectifs du COC, spécialement à la veille des Jeux de Rio».

«Elle menace maintenant le bon fonctionnement de l’organisation, dont les répercussions risquent de toucher, ultimement, les athlètes olympiques canadiens qui sont la raison d’être de notre entreprise et qui ont toujours été au c’ur de mes préoccupations les plus chères et de mon engagement bénévole au sein du monde olympique», a-t-il ajouté.

Tout en assurant partir avec le «sentiment du devoir accompli», M. Aubut s’est dit heureux «d’avoir contribué à rehausser l’influence du Canada au sein du mouvement olympique international et de léguer à tous les Canadiens la Maison olympique, et ses anneaux, au c’ur de Montréal».

Marcel Aubut a passé six ans à la tête du Comité olympique canadien.

Une avocate dépose une plainte au Barreau du Québec

L’avocate spécialisée en droit du sport, Amélia Salehabadi-Fouques, qui a affirmé cette semaine avoir été victime de harcèlement de la part de Me Marcel Aubut, a déposé une plainte vendredi au Barreau du Québec.

La plainte contre l’ancien président du Comité olympique canadien, qui a remis sa démission samedi, a été déposée «en tant qu’avocate, qui s’est fait harceler par un autre avocat», a expliqué Mme Salehabadi-Fouques dans une entrevue accordée samedi matin à TVA Nouvelles.

«En tant que membre du public, je ne me sens pas protégée par le Barreau, qui donne des médailles à des gens qui ont une moralité assez flexible» a ajouté l’avocate, qui a dénoncé dans sa plainte «le harcèlement sexuel que j’ai subi de la part de mon confrère à plusieurs reprises».

Elle a répété en entrevue avoir été harcelée à trois occasions par Me Aubut. La première fois au restaurant, où Me Aubut l’a embrassée de force. «J’ai figé. Je ne m’attendais pas à ça. Je ne savais plus quoi faire», a-t-elle confié.

La deuxième fois à l’hôtel, où ils devaient se rencontrer pour affaires à Québec. Me Aubut lui aurait alors carrément dit qu’il avait demandé des clés pour sa chambre. «Ça m’a fait vraiment fait peur qu’il puisse demander ma clé pour entrer dans ma chambre», a-t-elle raconté, au point d’avertir la réception de ne pas donner un double de sa clé, «même si c’est Marcel Aubut. Surtout si c’est Marcel Aubut», a-t-elle ajouté.

La troisième fois, Me Aubut lui aurait demandé, devant son fils âgé de 15 ans, pourquoi ils n’avaient pas encore couché ensemble. «C’était méchant. J’ai trouvé ça très très méchant», a-t-elle dit.

Mme Salehabadi-Fouques dit maintenant s’attendre à une enquête «approfondie» du Barreau. «C’est grave d’utiliser sa position dominante vis-à-vis des gens qui sont ses subordonnées, ses secrétaires, a-t-elle mentionné. C’est toute l’image de la profession qui en prend un coup.»

Elle a ajouté que Me Aubut n’était pas le seul chez les avocats à agir de la sorte. «Il y a un climat qui est parfois très malsain, a-t-elle affirmé en entrevue, ajoutant vouloir écrire un livre «pour raconter ce que les femmes vivent dans les bureaux d’avocats».

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