Mauvaise gestion dénoncée au Marché du Vieux-Port

Mauvaise gestion dénoncée au Marché du Vieux-Port

Plusieurs marchands dénoncent le favoritisme et la mauvaise gestion du Marché du Vieux-Port.

Le Journal a parlé à plusieurs anciens commerçants du Marché ainsi qu’à des gens qui y font encore des affaires. Ils dénoncent les méthodes de la Coopérative des horticulteurs de Québec, qui a aussi été retenue pour gérer le futur Grand Marché de 23 millions de dollars que la Ville installera en 2018 à côté de l’amphithéâtre.

La plupart ont souhaité s’exprimer sous le couvert de l’anonymat, par crainte de représailles.

Marc Leheuzey, propriétaire de la confiserie Bonbec, qui a quitté le Marché, affirme que toutes sortes de passe-droits sont accordés à ce que plusieurs appellent «la clique» des membres de la Coop.

«Ça me prend au c’ur parce que c’est une belle place commerciale, mais c’est tellement mal géré. Ça me frustre d’avoir dû partir.» Il n’a pas eu le choix quand il a vu que les mois d’hiver plombaient son chiffre d’affaires.

Les marchands permanents «mangent leurs bas tout l’hiver», dénoncent nos sources. Une fois l’été arrivé, ils peuvent se faire «tasser» par des producteurs maraîchers qui ont le choix des emplacements. Difficile alors de fidéliser la clientèle, fait-on valoir.

«L’aile de la mort»

Le comble, c’est de se faire déplacer dans l’aile est. «Quand ils veulent faire sentir à quelqu’un qu’il n’est plus le bienvenu, ils l’envoient dans ce qu’on appelle entre marchands «l’aile de la mort». Tout le monde qui va là meurt», raconte une productrice qui a choisi de partir.

C’est ce qui est arrivé à Sylvie Potvin, de la P’tite ferme du sous-bois. Voyant son chiffre d’affaires plonger de 80 %, elle en a discuté avec la direction. Puis, elle n’a plus jamais reçu de réponse, dit-elle, déplorant «le manque d’information et de communication».

Le directeur général est absent et n’a pas de réel pouvoir décisionnel, déplorent plusieurs. Pour garder sa mainmise, la Coopérative restreint les adhésions et priorise ceux qui ne font pas de vague, soutiennent-ils. Les membres bénéficient de tarifs avantageux.

«La même administration»

Sans être contre le déménagement, Marc Leheuzey, Sylvie Potvin et les autres sont inquiets pour la vitalité du futur Grand Marché. «C’est l’fun, on va avoir un marché plus moderne, mais la même administration reste. Ça va continuer à être géré tout croche», affirme un commerçant du Marché.

La direction générale du Marché du Vieux-Port «comprend» certaines doléances des marchands, mais assure que l’installation est «très bien gérée».

Arthur Cauchon, président de la Coopérative des horticulteurs qui gère le marché, sait que ce n’est pas facile pour les commerçants qui se font déplacer.

«Je comprends ces gens-là. On est sensibles à leurs commentaires, mais on ne peut pas les régler actuellement. On espère ne plus revivre ces choses-là.»

Avec le Grand Marché, la situation devrait se stabiliser, fait-il valoir. «On est très bien géré», assure-t-il.

Le directeur général Daniel Tremblay soutient quant à lui que les règles sont connues de tous. «Je suis totalement en désaccord avec tout ce que vous me dites. C’est n’importe quoi», a-t-il pesté.

Emplacement selon l’ancienneté

Comme M. Cauchon, il trouve normal que les producteurs qui sont plus anciens bénéficient des meilleurs emplacements. «Ça a toujours été comme ça. Ça fait 30 ans que ça marche de même», affirme M. Tremblay. Ceux qui arrivent doivent commencer «en bas de l’échelle», dit-il.

Les deux administrateurs admettent que certains sont envoyés dans l’aile est qui est moins fréquentée et que la signalisation pour annoncer les kiosques est limitée. «Mais ça dépend des produits, ça ne dépend pas juste de l’emplacement. Il faut qu’ils se questionnent sur les produits qu’ils vendent. C’est facile de jeter le blâme sur tout le monde», plaide le DG.

MM. Tremblay et Cauchon jurent qu’il n’y a aucune limitation des adhésions à la Coop et que «tout le monde peut faire une demande» après au moins un an de présence au marché. La candidature est alors étudiée, mais la décision revient au conseil d’administration.

M. Cauchon a réitéré son appui au DG qui est, selon lui, très présent sur le plancher.

Déménagement à ExpoCité

La Coopérative des horticulteurs a soumis aux marchands en février les chiffres anticipés pour le futur Grand Marché près du Centre Vidéotron. Le Journal en a obtenu copie.

Bassin de population deux fois plus grand qu’au Vieux-Port, soit 44 000 personnes plutôt que 22 000
Baisse prévue de l’achalandage touristique: 21 % en ce moment et de 10 à 15 % anticipés à ExpoCité
Augmentation prévue de l’achalandage général jusqu’à 48 %
De 1,4 à 1,9 million de visiteurs espérés annuellement

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