Monsieur Labeaume merci de me mettre à la rue avec votre construction

 Monsieur Labeaume merci de me mettre à la rue avec votre construction

Le restaurant Mike’s du boulevard Pie-XI à Val-Bélair vient de mettre la clé sous la porte. Son propriétaire en a gros sur le c’ur contre l’administration Labeaume, qui n’a rien fait pour lui venir en aide alors que d’importants travaux de réfection du boulevard l’an dernier ont sonné le glas de son commerce.

«C’est ça qui nous a tués», lance sans hésitation au Journal Daniel Sauvageau, qui n’a eu d’autres choix que de déclarer faillite.

Amer, M. Sauvageau n’a pas été tendre envers le maire de Québec dans un message public écrit sur Facebook mercredi, quelques minutes avant de fermer pour de bon son restaurant acquis il y a près de huit ans. «Monsieur Labeaume, merci de me mettre dans rue (sic) avec votre construction», a-t-il ironisé.

De la fin avril jusqu’en septembre 2015, la Ville de Québec a procédé à des travaux majeurs sur le boulevard Pie-XI, entre les rues de l’Innovation et de la Joconde, pour améliorer notamment les réseaux d’égout et d’aqueduc. «Quatre longs mois» qui ont été «l’enfer», selon M. Sauvageau.

«Les gens ne venaient plus, ils ne pouvaient plus se rendre chez nous : les rues étaient barrées et il y avait plein de détours. Tu ne pouvais même pas te rendre à pied avec les pépines et les trous comme en Afghanistan, déplore le restaurateur. Des fois, j’avais quatre clients dans une journée. J’ai perdu entre 6 000 $ et 10 000 $ chaque semaine; c’est environ 100 000 $ sur quatre mois», expose-t-il.

Aucune aide possible

À l’automne, Daniel Sauvageau a lancé un cri du c’ur au maire de Québec Régis Labeaume dans une lettre de trois pages qui lui était adressée.

«Je disais faites de quoi’, ça n’a pas de bon sens. Baissez nos taxes pour les quatre mois ou venez servir de la pizza une journée dans notre restaurant. Je ne sais pas si ma lettre s’est rendue à M. Labeaume, c’est le conseiller Sylvain Légaré qui devait lui remettre en mains propres», explique-t-il.

Reste qu’en novembre dernier, le conseiller municipal de Val-Bélair l’a avisé que la Ville ne pouvait rien faire pour l’aider. «Il m’a dit que les travaux étaient malheureusement un mal nécessaire.»

S’il convient que la concurrence qui s’accroit dans le secteur avec l’ouverture de nouveaux restaurants peut avoir contribué à ses difficultés, le propriétaire est convaincu que son commerce serait toujours ouvert s’il n’avait pas eu à composer avec les lourdes pertes financières liées aux travaux.

Huit ans de «dur labeur»

«C’est tous les efforts d’une vie et tout l’argent d’une vie qui viennent d’être perdus», souligne le restaurateur, qui estime avoir perdu près de 250 000 $ dans cette aventure. «J’ai demandé un break à Revenu Québec, mais ils n’ont rien voulu savoir», se désole-t-il.

S’avouant un peu «désorienté» au lendemain de la fermeture du restaurant qu’il possédait avec sa conjointe, France Lecocq, celui qui travaillait 7 jours sur 7 entend se retrousser les manches et se trouver un nouvel emploi, dans la restauration ou ailleurs.

«C’est tellement dur la restauration. Ça fait huit ans qu’on n’a pas pris de vacances, fait-il remarquer. On va prendre soin de nous autres», conclut-il.

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