Motocycliste tué sur Laurentienne, une policière du SPVQ accusée au criminel

Motocycliste tué sur Laurentienne, une policière du SPVQ accusée au criminel

Sept mois après le drame, la policière du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) Isabelle Morin, qui a fauché mortellement le motocycliste Jessy Drolet en septembre dernier sur l’autoroute Laurentienne, a été accusée de conduite dangereuse causant la mort.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) en a fait l’annonce mardi matin, par voie de communiqué. Le DPCP arrive à ce dénouement «après avoir examiné et analysé l’ensemble de la preuve» présenté par les enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ), qui étaient chargés de l’enquête.

Dans un communiqué, le SPVQ «déplore le décès du motocycliste». Le directeur, Michel Desgagné, indique que son service entend «offrir toute sa collaboration aux instances judiciaires qui vont traiter ce dossier, comme nous l’avons fait avec les enquêteurs depuis le début».

Quant au statut de la policière de 45 ans au sein du SPVQ à la suite de cette décision, le corps policier affirme seulement que «son titre est toujours agent de patrouille».

«Comme c’est écrit dans le communiqué, aucun autre commentaire ne sera fait», a répondu au Journal la porte-parole Christine Lebrasseur.

Une tragédie médiatisée

L’accident mortel a fait couler beaucoup d’encre, l’automne dernier.

Vers 23h jeudi le 10 septembre dernier, Jessy Drolet, 38 ans, originaire de Sainte-Brigitte-des-Saults, près de Drummondville, circulait sur l’autoroute Laurentienne vers le sud quand il a percuté de plein fouet le côté d’une autopatrouille de la police de Québec dans une zone de travaux.

La policière au volant, Isabelle Morin, faisait une man’uvre de demi-tour. Des travaux sur l’axe nord de l’autoroute forçaient une circulation à contresens sur la voie sud (voir infographie ci-dessous). Des cônes séparaient les deux voies de circulation.

Infographie Journal de Québec, Gabriel Duperron

Lieu de l’accident mortel sur l’autoroute Laurentienne impliquant un motocycliste et une auto-patrouille de la police de Québec.

La policière, qui circulait vers le nord, aurait quitté sa voie et traversé les cônes orange pour tenter un demi-tour en coupant dans la voie inverse afin d’accéder à la sortie Georges-Muir. C’est là que l’impact fatal s’est produit.

Deux semaines après l’accident, la SQ confirmait que la policière ne répondait à aucun appel d’urgence au moment de faire demi-tour. Selon ce qu’avait appris Le Journal, Isabelle Morin ne répondait à aucun appel tout court, qu’il ait été urgent ou non.

Les images de la collision mortelle avaient été captées par des caméras de surveillance du ministère des Transports.

Une famille éprouvée

On apprenait également à la fin septembre que la policière impliquée dans l’accident était de retour au travail. «La policière est de retour sur son affectation régulière sur la patrouille», avait confirmé le SPVQ, une annonce qui avait choqué la famille de Jessy Drolet, déjà dévastée par la mort de leur proche.

Photo Le Journal de Québec, Stevens LeBlanc

Marlène Drolet est en furie contre la police de Québec, à la suite de la collision avec une autopatrouille qui a fauché la vie de son fils, Jessy Drolet.

«Je suis sans mots… Elle n’a pas d’affaire sur la route, encore moins dans un char de police, avait déploré au Journal Audrey Vaillancourt-Martineau, la fiancée de Jessy Drolet. En plus, elle reçoit un salaire, alors que, moi, j’ai perdu ma vie ce soir-là.»

La mère du motocycliste, Marlène Drolet, a maintes fois affirmé dans les médias qu’elle souhaitait que justice soit rendue. Elle en avait encore très gros sur le c’ur, le mois dernier.

«Jamais je vais pardonner. Pardonner, pour moi, c’est oublier et jamais je vais oublier cette policière qui a tué mon garçon», avait déclaré Mme Drolet en entrevue au Journal, en mars. Elle déplorait être tenue dans l’ignorance quant à l’enquête.

Deux policiers du SPVQ accusés au criminel

Mentionnons qu’une plainte a aussi été déposée au Commissaire à la déontologie policière à l’endroit de la policière Morin.

Cette dernière est le deuxième membre du corps policier de la Ville de Québec à être accusé au criminel dans la dernière année.

En août dernier, le policier du SPVQ Simon Beaulieu a été accusé de conduite dangereuse causant la mort et de négligence criminelle causant la mort. C’est lui qui conduisait l’autopatrouille qui a happé à mort le cycliste Guy Blouin en plein c’ur du quartier Saint-Roch, en septembre 2014.

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