Ottawa plafonne à 3 % la hausse des transferts en santé

Ottawa plafonne à 3 % la hausse des transferts en santé

Elle promet toutefois des enveloppes séparées supplémentaires pour différents secteurs, ce qui ne manquera pas de hérisser Québec, qui refuse que le financement d’un poste budgétaire de compétence provinciale soit assujetti à des conditions.

À son entrée à la période de questions, lundi, Mme Philpott a confirmé ce qu’elle avait laissé entendre en entrevue à CTV la veille, à savoir que les provinces ne devaient pas compter sur une augmentation des transferts supérieure à 3 %.

Le transfert canadien en matière de santé, comme nous l’avons discuté auparavant, augmentera au rythme de 3 %, ou selon le PIB, mais en addition à ce transfert, il y a un nombre de domaines dans lesquels de nouveaux investissements seront faits.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott

L’information a fait bondir son homologue québécois, Gaétan Barrette, qui l’a critiquée sur Twitter. « Voilà! La fuite de #janephilpott devant les besoins des Canadiennes et Canadiens », a-t-il écrit.

Jusqu’à cette année, une entente entre le fédéral et les provinces prévoyait des hausses automatiques annuelles des transferts de 6 %. Les conservateurs entendaient dès 2017 arrimer cette hausse à l’augmentation annuelle du PIB, avec un minimum garanti de 3 %.

En campagne électorale, les troupes de Justin Trudeau avaient promis de « négocier un nouvel accord sur la santé », incluant « une entente de financement à long terme ».

Pour la néo-démocrate Brigitte Sansoucy, les libéraux ont berné les Canadiens sur cet enjeu. « Les libéraux ont fait campagne avec une promesse de renégocier les transferts en matière de santé avec les provinces, mais la ministre de la Santé a confirmé cette fin de semaine que son gouvernement va maintenir la même formule que celle des conservateurs pour les transferts en santé », a-t-elle lancé lors de la période de questions.

Aux yeux de Mme Sansoucy, la nouvelle formule représentera une abolition de 36 milliards de dollars pour les provinces.

Les libéraux s’étaient également engagés à investir 3 milliards de dollars sur quatre ans en soins à domicile à travers le pays. La promesse n’a pas été remplie au moment du premier budget de Bill Morneau, mais Mme Philpott s’attend à ce qu’elle le soit cette année.

De nouvelles enveloppes pourraient s’ajouter, notamment pour aider les provinces à faire face aux problèmes de santé mentale.

Un affrontement avec Québec semble inévitable, alors que M. Barrette répète depuis des mois qu’Ottawa n’a pas à dicter les modalités des sommes offertes pour la santé en vertu des principes du fédéralisme asymétrique.

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