Ottawa veut fermer les centrales au charbon

Ottawa veut fermer les centrales au charbon

OTTAWA – Ottawa veut accélérer la fermeture des 14 centrales au charbon toujours actives au pays d’ici 2030.Ces centrales de production d’électricité, situées dans quatre provinces, rejettent environ 10 % des émissions totales de gaz à effet de serre (GES) au Canada et leur fermeture équivaudra à retirer 1,3 million de voitures de la circulation, a déclaré lundi la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna.

Environ 80 % de l’électricité produite au Canada provient actuellement d’énergies renouvelables, et l’objectif est de faire passer cette proportion à 90% aux alentours de 2030, a-t-elle précisé.

Les provinces de l’Alberta, de la Saskatchewan, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse pourront soit fermer complètement leurs centrales au charbon, ou avoir recours «à des technologies de capture et d’entreposage du carbone», a indiqué Mme McKenna.

La fermeture des centrales permettra de réduire «de plus de 5 millions de tonnes» les émissions du Canada vers 2030, a ajouté la ministre.

Concernant d’éventuelles pertes d’emploi et l’augmentation des prix de l’électricité dans ces provinces, la ministre a tenté de se faire rassurante.

«Nous devons trouver des solutions gagnantes pour tous, a-t-elle dit. C’est une véritable occasion d’attirer des investissements dans les provinces, de créer des emplois et d’améliorer la santé des Canadiens.»

Le Canada a comme nouvel objectif de réduire de 80 % les émissions de GES d’ici 2050 par rapport au niveau de 2005.

Avec l’abandon progressif du charbon, Mme McKenna souhaite attirer des «investisseurs mondiaux» de l’énergie propre.

Le Canada emboîte le pas à de nombreux pays et États américains, dont «la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, le Danemark et l’Autriche», a énuméré la ministre.

S’ils considèrent l’année 2030 comme étant «la bonne échéance», des groupes environnementaux se disent impatients de connaître les «détails» du plan libéral.

Selon un rapport de l’Institut Pembina publié lundi, l’élimination du charbon d’ici à 2030 permettra d’éviter quelque 1000 décès prématurés au Canada.

«Nous croyons que c’est une bonne décision pour le climat, pour la santé des Canadiens, mais aussi pour l’économie», a estimé un porte-parole de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand.

Ce dernier souligne que l’abandon du charbon reçoit l’appui d’environ 75 % des Canadiens, selon un sondage interne.

L’Ontario, qui fermé sa dernière usine au charbon en 2014, en ressent déjà les effets positifs, a pour sa part noté Gideon Forman, aussi de la Fondation David Suzuki.

«En 2005, il y a eu 53 épisodes de smog dans la province. En 2015, il n’y en a eu aucune», a-t-il précisé.

Il est possible que l’abandon du charbon mène à l’augmentation des prix de l’électricité dans certaines provinces, admet Ian Culbert, de l’Association canadienne de santé publique. Ce dernier estime toutefois que la santé de la population n’a pas de prix.

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