Parkinson, les dernières pistes thérapeutiques

Parkinson, les dernières pistes thérapeutiques

En ce jour de la Journée mondiale de la maladie de Parkinson, voici les études les plus récentes qui ouvrent des pistes thérapeutiques encourageantes pour soulager les malades et mieux diagnostiquer la maladie.

Caractérisée par la destruction de neurones spécifiques, appelés «neurones à dopamine», la maladie de Parkinson, qui touche près de 4 millions dans le monde, entraîne lenteur des gestes, tremblements, rigidité des membres inférieurs, fatigue et dépression. Les traitements actuels permettent de contrôler les symptômes moteurs, mais ils sont sans effet sur les autres symptômes et sur la progression de la dégénérescence.

Le fitness pour freiner l’évolution

Une étude américaine, publiée en janvier dans le Jama Neurology, montre que les exercices d’aérobique, l’elliptique ou la marche rapide libèrent des petites protéines dans le cerveau dont l’effet est comparable à celui de l’engrais appliqué à une pelouse.

La pratique entretient les connexions cérébrales et empêche le rétrécissement et vieillissement du cerveau provoqués par la maladie. Pour freiner efficacement les effets de la maladie, la pratique doit être régulière (deux à trois fois par semaine), progressive et associée au bon dosage du traitement médicamenteux anti-parkinsonien, la carbidopa-lévodopa.

Le sommeil pour réduire la maladie

Une étude américaine menée sur des souris par l’université de Temple (Philadelphie, États-Unis) montre que les perturbations du rythme circadien (alternance veille-sommeil) préexistantes à l’apparition de la maladie de Parkinson empirent considérablement les déficits moteurs et les troubles d’apprentissage provoqués par la maladie.

Une exposition désordonnée à la lumière peut en effet aggraver la maladie. Selon les chercheurs, ces premières données suggèrent qu’en rétablissant le rythme circadien, il serait possible d’inverser l’inflammation du cerveau et la mort cellulaire.

Un nouveau gène identifié

Un nouveau gène impliqué dans une forme précoce rare et très sévère de la maladie de Parkinson vient d’être découvert. Son nom: VPS13C. Certaines mutations de ce gène sont associées à une maladie débutant avant l’âge de 40 ans, avec une évolution rapide et sévère caractérisée par un handicap physique majeur nécessitant l’usage d’un fauteuil roulant au bout de quelques années et un déclin cognitif menant rapidement à la démence.

Les médicaments antipsychotiques contre-indiqués

Une nouvelle étude menée par les chercheurs de l’École de médecine de Pennsylvanie (États-Unis) suggère que les antipsychotiques auraient des effets plus négatifs que positifs chez certains patients parkinsoniens. Ils ont constaté que ces médicaments sont liés à une mortalité plus élevée dans certains groupes de patients qui ont pris un traitement.

L’espoir d’un nouveau traitement

Au mois d’avril 2014, une équipe du centre hospitalier de Lille, a communiqué les premiers résultats positifs d’une étude pilote sur l’utilisation de la défériprone chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

Cette molécule est capable à dose modérée de redistribuer le fer des zones surchargées en fer, propres à la maladie, vers les zones qui ont besoin du fer. Les participants à l’essai clinique ont surtout ressenti une amélioration au niveau des symptômes moteurs: moins de lenteur ou de tremblement ou de raideur. Une étude à échelle européenne est en cours.

Une piste pour injecter des neurones

Des chercheurs de la Rutgers University (New Jersey, États-Unis) ont développé une nouvelle technique, décrite dans Nature communications, qui vise à améliorer la survie de neurones après greffe dans le cerveau, jusqu’ici non viable. Pour cela, ils ont mis au point des structures 3D microscopiques dans lesquelles ils ont fait croître les cellules nerveuses avant de les injecter dans le cerveau de souris.

Le Tasigna, de la leucémie au Parkinson

Un médicament contre la leucémie déjà approuvé par l’Agence américaine des médicaments (FDA) s’est avéré efficace contre la maladie de Parkinson et une forme de démence, selon les résultats d’un petit essai clinique présentés lors d’une conférence à Chicago en octobre 2015.

La molécule Nilotinib des laboratoires helvétiques Novartis, commercialisée sous le nom de Tasigna, a permis une amélioration significative et encourageante dans la réduction des protéines toxiques du cerveau. Pour les neurologue américains, c’est la première fois qu’une thérapie semble inverser, à un degré plus ou moins grand selon l’avancement de la maladie, le déclin cognitif et les capacités motrices des patients souffrant de ces troubles neurodégénératifs.

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