Permis pour les guides touristiques, la Ville de Québec fait marche arrière… pour l’instant

Permis pour les guides touristiques, la Ville de Québec fait marche arrière... pour l'instant

La Ville de Québec fait volte-face. Elle suspend temporairement son règlement controversé sur l’abolition du permis de guide touristique et se donne un an pour trouver une solution qui, espère-t-elle, fera consensus dans l’industrie.

La vice-présidente du comité exécutif de la Ville, Julie Lemieux, en a fait l’annonce jeudi après-midi à l’hôtel de ville. Les critiques qui fusent de toutes parts depuis quelques jours ont visiblement pesé lourd dans la balance. La conseillère, d’ailleurs, n’a pas caché son étonnement.

Accompagnée du directeur de l’Office du tourisme de Québec, Mme Lemieux a indiqué que le vote prévu la semaine prochaine au conseil d’agglomération n’aura pas lieu. Conséquemment, le permis délivré par la Ville demeurera en vigueur cette année.

«On va inviter les guides à se procurer leur permis pour l’année 2016. Il sera nécessaire, mais, entre-temps, on va se pencher sur la question rapidement», a-t-elle prévenu. Bien que la formation soit «essentielle» à leurs yeux, la Ville et l’Office du tourisme se questionnent toujours sur la pertinence d’un permis et d’une formation obligatoire dispensée au collège.

Le règlement actuel, plaide-t-on, est «très difficile à appliquer». Les deux intervenants se sont dits en «mode solution».

«Un règlement difficilement applicable, est-ce un bon règlement » a ajouté André Roy, de l’Office du tourisme, s’interrogeant à voix haute. «Un règlement qui a un impact négatif sur les touristes qu’on veut attirer à Québec, est-ce un bon règlement Est-ce que le permis fait en sorte que le guide est compétent Ce sont toutes sortes de questions qu’il faut se poser.»

Des interventions qui font fuir les touristes

Par ailleurs, Mme Lemieux a déploré les interventions sur le terrain par des guides accrédités qui voulaient se faire justice auprès de guides étrangers ne respectant pas la loi. Des interventions «qui n’ont pas été élégantes et qui ont causé du tort à l’image de la ville de Québec», a-t-elle affirmé.

Le nombre d’interpellations par des représentants de la Ville, pour s’assurer que les guides affichaient clairement leur permis, a également augmenté en 2015. Dans 11 % des cas, affirme Mme Lemieux, les guides ne respectaient pas la loi. Bref, la Ville a serré la vis et a fait fuir des grossistes, a-t-on expliqué en substance, affirmant que la coercition est «contre-productive».

La Ville a également remis aux journalistes une lettre qu’un grossiste en voyages avait expédiée à sa clientèle d’Asie-Pacifique et où sont dénoncées les inspections qui nuisent à la réputation d’hospitalité du Canada. «Québec était menacée d’être rayée de la carte, surtout en Asie-Pacifique. C’est ça qui est arrivé… On a alarmé l’industrie touristique à l’étranger. Ça a mis le feu aux poudres. On sentait qu’on était en train de se tirer dans le pied avec ça.»

«On supporte les collèges, on fait déjà la promotion des guides touristiques certifiés… Ce n’est pas parce qu’on n’y croit pas. On veut juste trouver une solution équitable, applicable et qui ne sera pas contre-productive. L’objectif, c’est d’amener des touristes à Québec et, by the way, amener des touristes à Québec, c’est donner du travail à nos guides», a renchéri M. Roy.

Réaction positive des guides

L’Association des guides touristiques de Québec (AGTQ) a bien accueilli l’annonce d’un moratoire sur la réglementation qui les concerne et promet de collaborer avec la Ville afin de trouver des solutions. La présidente de l’AGTQ, Marie Legroulx, demeure néanmoins convaincue que la délivrance d’un permis intimement lié à une formation obligatoire est le meilleur outil.

Étiquettes : , , , , , , ,

Laisser un commentaire