Personne ne lui en veut

Personne ne lui en veut

La famille de Patrick Breton, 19 ans, mort écrasé sous une lourde machine de jeu dans un bar de Charlesbourg, considère le drame comme étant un accident et ne tient absolument pas pour responsable le suspect dans cette affaire.

Les versions divergent encore concernant les circonstances exactes de cette tragédie survenue dans la nuit du 6 au 7 janvier derniers, à La P’tite Grenouille. Chose certaine, un des meilleurs amis de la victime a été arrêté et pourrait être accusé de négligence criminelle causant la mort pour s’être accroché à la machine de boxe de 436 livres, qui est tombée sur la victime.

Le suspect, qui vient d’avoir 21 ans, a été accueilli samedi dernier chez la mère de Patrick Breton, à l’île d’Orléans. Une quinzaine d’amis proches se sont joints à lui, soupant et discutant avec la famille du défunt. Tous soutenaient le jeune qui a été intercepté par les autorités.

«Personne ne lui en veut», tranche sans hésiter Francis Breton, le petit frère du disparu. «On le sait que c’est pas ça qu’il aurait voulu. Lui et Patrick, c’était comme des frères, en aucun cas on lui en veut. Ça aurait pu être le contraire, ça aurait pu être Patrick qui se serait accroché. C’est juste un hasard, ce qui est arrivé», plaide-t-il.

Photo Agence QMI, Aurélie Girard

La machine qui a causé la tragédie en tombant sur Patrick Breton. Elle devait être soumise à des expertises.

Un «fils»

Malgré sa peine, la mère de Patrick n’aurait pas hésité à qualifier le suspect de «deuxième fils», lui qui venait «souvent» au domicile du défunt avant la tragédie.

«Elle est proche de lui», précise un ami de la victime et du suspect, Michael Coulombe. «Mot pour mot, ils [les membres de la famille] ont dit qu’ils ne lui en voulaient pas une seconde. J’étais présent quand la famille l’a rencontré pour la première fois», poursuit-il.

La dame n’a pas souhaité commenter les tristes événements. Elle a toutefois fait savoir aux camarades de Patrick Breton qu’ils étaient les bienvenus, chez elle. «La maison à Pat, c’était la place où la gang se réunit, où on peut avoir un sofa pour la nuit. On était les bienvenus. Elle nous a dit qu’on l’était toujours et de passer la voir souvent», explique Michael Coulombe.

Ce départ subit laisse aussi un vide chez la s’ur cadette du défunt, Marie-Christine Breton, qui décrit Patrick comme l’homme de sa vie, sur Facebook. «Je n’ai pas de mots pour exprimer la douleur et le trou que ton absence provoque. Mon grand frère, mon modèle, mon meilleur copilote de vie. Si tu savais comment tu vas nous manquer, à la famille autant qu’à tes amis», écrit-elle.

Funérailles

Les funérailles du jeune homme ­­’ qui allait avoir 20 ans à la fin du mois seront célébrées en l’église de Saint-Laurent, à l’île d’Orléans, samedi.

LA TRAGÉDIE
Patrick Breton, 19 ans, est décédé subitement dans la nuit du 6 au 7 janvier, à La P’tite Grenouille de Charlesbourg. Il faisait la fête avec une dizaine d’amis proches.
Un des meilleurs amis de Patrick Breton se serait accroché de tout son poids à une lourde machine de divertissement de boxe, qui aurait basculé sur la victime. Patrick Breton n’aurait rien vu de la scène.
Patrick Breton a été grièvement, voire mortellement blessé à la tête. Un portier, un ami et un client du bar auraient tenté des man’uvres de réanimation, en vain. Le jeune homme a été conduit à l’hôpital, où son décès a été constaté.
L’ami qui s’est suspendu à la machine a été arrêté, puis libéré. Il pourrait faire face à une accusation de négligence criminelle causant la mort. Les proches de la victime affirment toutefois qu’il s’agit d’un accident et soutiennent le suspect.
Les bandes vidéo des caméras de surveillance montrent la présence d’un autre individu qui ne faisait pas partie des amis de Patrick Breton qui aurait poussé à deux mains la machine pendant que le suspect s’y accrochait.

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