Proxénète, Une victime a été jusqu’à mentir pour le protéger

Proxénète, Une victime a été jusqu'à mentir pour le protéger

Un présumé proxénète aurait eu une telle emprise sur l’une de ses victimes que cette dernière a déjà menti à la cour pour le faire acquitter dans le passé.

«Je ne voulais pas croire que j’étais victime de ses manipulations, c’est comme ça que je pensais», a expliqué Sonia (nom fictif) mardi au procès de Jean-Jerry Brun.

Toute la journée, la témoin, dont le vrai nom est protégé par le tribunal, a raconté l’enfer dans lequel Brun l’a plongée­­.

Entre 2009 et 2013, l’accusé de 37 ans l’aurait prostituée, battue et même agressée sexuellement.

Sonia savait qu’il fréquentait d’autres femmes, mais elle l’aimait trop pour le dénoncer, durant cette période.

«Je ne voulais pas dénoncer la violence parce que je ne voulais pas le voir souffrir, a expliqué Sonia à la cour, en pleurs. Je voulais juste que moi, j’arrête de souffrir.»

Et même quand, excédée par les mauvais traitements, Sonia a porté plainte à la police en 2013, elle a imploré les enquêteurs de ne pas accuser Brun.

Il la contrôlait tellement qu’elle s’est reconnue coupable d’obstruction à la justice, dans une autre histoire impliquant Brun.

«Je ne voulais pas que les gens me voient comme la fille blanche qui a fait emprisonner le gars noir», a-t-elle expliqué à la juge Hélène Morin.

Chaque fois que Sonia était à bout, Brun la suppliait de lui donner «une dernière chance». Et elle la lui donnait, a déploré la témoin.

Sonia a expliqué que Brun lui demandait régulièrement d’aller se prostituer dans d’autres provinces, car c’était «très payant». Elle avait refusé au début, pour finalement céder, a-t-elle confié.

«En Ontario, j’ai fait de l’escorte même le jour de mon anniversaire, a-t-elle dit. Mais il m’a aussi emmenée au restaurant. C’était bon, au moins.»

Mais plus tard, Sonia aurait accepté d’aller se prostituer en Alberta.

«Je devais lui envoyer de l’argent, il n’y en avait jamais assez», a expliqué Sonia, qui estime avoir envoyé environ 25 000 $ à l’accusé qui, de Montréal, avait une emprise totale sur sa victime.

Sauf qu’avec cet argent, Brun aurait payé des séances de magasinage à d’autres femmes qu’il fréquentait.

Le procès devrait durer toute la semaine. Me Marilène Laviolette représente la poursuite tandis que Me Serge Lamontagne défend Brun.

Celui-ci fait face à un total de 22 accusations en lien avec le proxénétisme et la traite de personnes, mais aussi d’agression sexuelle, entre autres.

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