Quatre pompiers morts du cancer honorés

Quatre pompiers morts du cancer honorés

Quatre pompiers montréalais décédés d’un cancer lié à leur travail seront honorés ce week-end au même titre que leurs confrères morts au combat.

C’est la première fois dans l’histoire du service incendie de la métropole que des sapeurs reçoivent un tel honneur.

«Ces gars-là ont donné leur vie aux citoyens de Montréal, a confié Chris Ross, vice-président de l’Association des pompiers de Montréal. Ils méritent la même reconnaissance que les pompiers qui sont morts lors d’un feu.»

Le lieutenant de la caserne 74, à Mont-Royal, s’est promis de faire en sorte que la mort de ces «héros» ne tombe pas dans l’oubli.

Photo courtoisie

Philippe Primeau, pompier décédé du cancer

Ainsi, Philippe Primeau, décédé en juillet 2015 à l’âge de 74 ans d’un cancer du rein, Paul Girard, mort en avril 2014 à l’âge de 73 ans des suites d’un cancer de la vessie, Raymond Daigneault, décédé en juin 2013 à l’âge de 84 ans en raison d’un cancer du rein, et Yvon Damato, mort en janvier 2012 à l’âge de 77 ans des suites d’un cancer de la vessie, recevront les honneurs. Leurs noms seront ajoutés au monument des sapeurs morts en devoir à l’occasion de la 14e édition de la cérémonie annuelle de la Fondation canadienne des pompiers morts en service.

En avril, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a fait un pas vers l’avant afin de faciliter la reconnaissance d’un cancer lié au métier. Les critères ont été définis et il est désormais beaucoup plus facile de faire approuver une demande, a expliqué M. Ross. Depuis ces modifications, le téléphone n’a pas cessé de sonner. Le vice-président du syndicat des pompiers traite actuellement une soixantaine de dossiers.

«On a fait une grosse campagne de sensibilisation pour que les pompiers soient au courant du lien entre leur métier et le cancer», a-t-il expliqué.

Au Service incendie de Montréal, 30 pompiers ont souffert d’un cancer attribuable à leurs fonctions depuis 1882, dont 28 depuis 2000, a indiqué Denis Doucet, assistant directeur du service. Cette récente explosion des cas s’explique majoritairement pas les nouvelles technologies qui se retrouvent désormais dans pratiquement tous les foyers de la métropole.

Particules cancérigènes

Certaines pièces que l’on trouve dans les téléviseurs à écran plat, dans les iPad ou encore dans les ordinateurs dégagent des particules qui peuvent s’avérer cancérigènes lorsqu’elles sont exposées à une chaleur importante.

«La fumée qui se dégage dans les incendies d’aujourd’hui est beaucoup plus toxique qu’à l’époque», a dit M. Doucet.

Or, depuis une dizaine d’années, les appareils respiratoires sont obligatoires pour tous les sapeurs qui interviennent dans un bâtiment en feu. Même les enquêteurs, qui se présentent lorsque le brasier est éteint, sont souvent appelés à en porter.

L’assistant directeur du plus gros service incendie du Québec est catégorique; sans ce virage, il y aurait eu un nombre astronomique de décès par le cancer.

Depuis 2005, seulement deux types de cancer étaient reconnus par la CNESST:

Cancer du rein
Cancer de la vessie

Depuis le 4 avril 2016, cinq nouveaux types ont été ajoutés par la CNESST:

Lymphome non hodgkinien
Cancer du poumon
Myélome multiple
Cancer du larynx
Cancer du poumon causé par l’exposition à l’amiante (mésothéliome) 

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