Rapport du vérificateur général du Canada, d’importantes lacunes soulevées à Services partagés Canada

Rapport du vérificateur général du Canada, d'importantes lacunes soulevées à Services partagés Canada

Si Services partagés Canada (SPC) dépense près de 2 milliards $ par année pour transformer et uniformiser les services de technologies de l’information du gouvernement fédéral, le Ministère est incapable de démontrer qu’il atteint ses objectifs et réalise des économies.

Dans son rapport rendu public mardi, le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, signale d’importantes lacunes au sein de cette entité qui a entrepris ses travaux en 2013 et prévoit les terminer en 2020.

«Dans l’ensemble, nous avons constaté des faiblesses dans la mise en uvre des services partagés en technologies de l’information (TI) du gouvernement par Services partagés Canada (SPC)», souligne M. Ferguson.

«Nous avons constaté que Services partagés Canada n’avait pas mis au point des processus uniformes pour calculer les coûts et mesurer les progrès et les économies. (…) L’organisme a de la difficulté à calculer le total exact des économies et à en rendre compte», poursuit le chien de garde des finances publiques.

Le SPC a été créé dans le but de réduire le gaspillage en uniformisant et en intégrant les services de technologies de l’information des 43 ministères et agences fédérales. Il a pour mandat de gérer et de transformer leur infrastructure informatique, comme les serveurs et les centres de données, ainsi que le personnel et les budgets en matière de technologies de l’information. Il est aussi chargé d’acheter de l’équipement informatique, comme les claviers et les logiciels pour ordinateur de bureau pour l’ensemble du gouvernement.

Sécurité

L’audit soulève aussi des préoccupations pour la sécurité liée aux services de technologies de l’information pour l’ensemble de l’appareil gouvernemental.

Le vérificateur général rapporte que le SPC a fourni peu d’information aux ministères sur le rendement en ce qui a trait aux niveaux de service et à la sécurité de l’infrastructure des TI. Cette situation préoccupe les ministères visés par l’audit, car ce sont eux qui doivent continuer d’assurer la sécurité globale de leurs programmes et de leurs services.

Le rapport souligne que l’organisme n’a pas établi d’attentes claires et concrètes avec les autres ministères pour l’infrastructure des TI. «Il ne peut donc pas démontrer s’il maintient ou améliore les services depuis sa création et, le cas échéant, comment il y arrive», déplore M. Ferguson.

L’audit souligne une situation alarmante survenue en Saskatchewan, en mars 2014, lors de laquelle tous les premiers intervenants ont perdu pendant 40 minutes les communications radio gérées par le SPC.

Durant cette période, les 9000 pompiers, policiers et ambulanciers de la province n’ont pu ni recevoir d’appels du centre de répartition ni lui en transmettre et ne pouvaient communiquer entre eux pour signaler des situations d’urgence et coordonner leurs interventions au moyen du système radio.

Cette panne est survenue lorsque le SPC a désactivé accidentellement une fonction essentielle du réseau radio.

«Si le SPC avait suivi un processus de gestion des changements adéquat, et avait notamment réalisé des essais en bonne et due forme et recherché l’acceptation par les utilisateurs, la GRC aurait pu s’assurer que le SPC allait prendre les mesures nécessaires pour que la panne soit évitée», explique M. Ferguson.

Lacunes dans le contrôle des exportations à la frontière:

L’audit soulève des «faiblesses» dans les pouvoirs, l’information et les méthodes sur lesquels se fonde l’Agence des services frontaliers du Canada pour évaluer les risques d’exportation canadienne ailleurs qu’aux États-Unis.
L’Agence a raté des occasions d’empêcher que des marchandises non conformes aux lois ne quittent le pays. Une fois sur cinq, elle manquait d’examiner des envois à risque élevé qu’elle avait pourtant ciblés. Cela aurait pu éviter notamment que plus de véhicules volés quittent le pays.
Ces envois ciblés n’ont pas été examinés parce qu’ils étaient déjà chargés sur les navires ou qu’ils avaient quitté le Canada au moment où les agents ont reçu l’information ou ont pu y donner suite.
Le niveau d’effectifs explique aussi le fait que des envois ciblés par l’Agence ne sont pas examinés, par exemple, durant les vacances ou les congés de maladie. Par exemple, à un port de sortie, il n’y avait eu aucun examen de contrôle des exportations pendant les vacances de l’agent des services frontaliers chargé de cette tâche.

Le logement des Forces armées canadiennes:

Le ministère de la Défense nationale dépense des millions en logements militaires, sans clairement cerner ses besoins.
Le Ministère n’avait pas déterminé qui, parmi les membres des Forces, devraient bénéficier de logement, ni sous quelle forme ni à quel endroit.
En 2015, l’Agence de logement des Forces canadiennes a reçu 6 millions de dollars de financement, mais n’avait que deux mois pour les dépenser. Les contraintes qu’elle subit limitent sa capacité d’utiliser efficacement les fonds affectés aux logements militaires.

Importants retards et lourdeurs administratives dans le Programme de prestations d’invalidité du Régime de pensions du Canada (qui exclut le Québec):

Les retards dans les décisions en appel se sont accrus depuis la création du Tribunal de la sécurité sociale du Canada, qui a pourtant été créé pour améliorer la rapidité et l’efficacité du processus d’appel.
En 2014-2015, le délai moyen pour obtenir une décision dépassait les 800 jours, soit plus du double de temps qu’il fallait il y a trois ans (avant la création du Tribunal).

Étiquettes : , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire