Rapport du vérificateur général, gaspillage et manque de transparence à Ottawa

Rapport du vérificateur général, gaspillage et manque de transparence à Ottawa

OTTAWA – Des millions en argent public sont perdus en frais de douane impayés et en subventions à l’industrie pétrolière qu’on avait promis d’abolir.

Le rapport du Vérificateur général du Canada déposé mardi a révélé encore cette année des exemples de mauvaise gestion du gouvernement fédéral qui peuvent coûter cher aux Canadiens.

De plus, il critique sévèrement le manque de transparence du gouvernement, qui ne lui a pas donné toutes les informations financières requises pour écrire son rapport au Parlement.

Par exemple, le ministère des Finances ignore le montant exact de l’argent qui va dans les poches des compagnies pétrolières, gazières ou les mines de sables bitumineux.

Il refuse de lui donner des analyses qui permettraient de savoir si certaines subventions sont toujours dans l’intérêt du Canada.

Frontière

Le Vérificateur général Michael Ferguson a aussi relevé des inquiétudes quant à la porosité de la frontière canadienne pour les marchandises et les personnes.

Mal étiquetées et peu surveillées, des marchandises dont certaines soumises à gestion de l’offre comme des produits laitiers peuvent échapper au contrôle.

En 2015, quelque 350 millions de dollars n’ont jamais été perçus ou ont été remboursés aux importateurs qui modifient leur déclaration, parfois jusqu’à 4 ans plus tard.

Les personnes qui entrent au Canada soulèvent aussi l’inquiétude, puisque rien ne garantit que des travailleurs étrangers temporaires ne remplacent pas des emplois pouvant être occupés par des Canadiens.

Il s’inquiète aussi que des permis de résident temporaire aient été accordés à des criminels, et que trop peu soit fait pour combattre la corruption de fonctionnaires canadiens, dont ceux travaillant à l’immigration.

– Avec Guillaume St-Pierre

Manque d’aide en santé mentale à la GRC selon le vérificateur général

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) ne prend pas au sérieux les problèmes de santé mentale alors qu’un membre sur six a été incapable d’avoir de l’aide en temps opportun, a constaté le vérificateur général du Canada.

Après avoir lancé en grande pompe en 2014 un vaste chantier pour s’attaquer au problème, la GRC a dans les faits accordé peu d’importance au bien-être psychologique de ses employés.

«La GRC n’a pas affecté assez de ressources à mettre en oeuvre sa stratégie», a commenté Michael Ferguson.

Ainsi, un membre sur cinq ayant sollicité l’aide pour des problèmes de santé mentale n’est pas retourné au travail ou a été renvoyé pour des raisons médicales.

Il s’agit d’une nouvelle tuile sur le corps de police, qui a été sévèrement blâmée lundi pour avoir laissé son organisation gangrenée par le harcèlement au fil des décennies.

Le fédéral ferme les yeux sur le recours aux travailleurs étrangers

Le gouvernement fédéral reste aveugle à l’abus d’employeurs qui font appel à des travailleurs étrangers au lieu d’embaucher des Canadiens compétents qui sont sur l’assurance-emploi.

Dans son rapport printanier, le vérificateur général Michael Ferguson relève plusieurs failles dans l’administration du Programme des travailleurs étrangers temporaires.

Ainsi, le ministère n’a pas fait suffisamment d’efforts pour garantir que les travailleurs étrangers temporaires étaient seulement embauchés en dernier ressort, particulièrement dans les provinces de l’Atlantique.

«Des chômeurs canadiens ayant de l’expérience auraient pu peut-être pu travailler dans des usines de traitement du poisson, mais des travailleurs étrangers temporaires ont été recrutés à la place», a noté le vérificateur.

De plus, le gouvernement canadien n’a pas identifié les employeurs qui ne respectaient pas les exigences du programme et «peu d’inspections» ont été réalisées.

Corruption possible à la frontière selon le vérificateur général

Le gouvernement fédéral n’en fait pas assez pour prévenir la corruption aux frontières, exposant le pays à «des risques importants en matière de sécurité», a aussi relevé Michael Ferguson.

Au cours de son audit auprès d’Immigration Canada et de l’Agence des services frontaliers du Canada, M. Ferguson a trouvé qu’«aucune des deux organisations n’utilisait l’information à sa disposition pour détecter de manière proactive les activités du personnel pouvant laisser présager des actes de corruption éventuels».

Si aucun acte de corruption n’a été détecté, des actions «inappropriées» ont été relevées.

Par exemple, l’Agence des services frontaliers a accordé de nombreux permis de résidence temporaire à des criminels, dont certains ont commis des crimes graves.

Aussi, au cours d’une période de 12 mois, environ 300 000 (2%) des véhicules arrivés au pays sans que des agents ne procèdent aux vérifications requises.

Des failles ont aussi été observées dans les missions canadiennes à l’étranger, ou seulement 20% du personnel responsable de traiter les demandes de visa ont suivi une formation obligatoire sur les valeurs et l’éthique.

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