Rentrée parlementaire à Ottawa

Rentrée parlementaire à Ottawa

Majoritaires et en tête des sondages, les libéraux ont devant eux trois formations à la recherche d’un nouveau chef.

La session risque malgré tout d’être plus complexe que la précédente pour le gouvernement Trudeau. Après une dizaine de mois de consultations, de discussions et de travail en comité, il devra commencer à prendre des décisions.

Les dossiers chauds de la session

Plusieurs enjeux particulièrement sensibles pour le Québec pourraient lui donner du fil à retordre.

Dans le dossier des transferts en santé, la table est mise pour un affrontement entre les provinces et Ottawa, qui a décidé d’aller de l’avant avec l’abaissement du taux de croissance annuel adopté sous les conservateurs. Les libéraux ont signalé que tout autre financement en santé serait rattaché à des conditions.

Énergie Est, un dossier dans lequel les libéraux sont accusés de souffler le chaud et le froid, retiendra aussi l’attention. Ce projet énergétique sera défendu par les conservateurs, qui le considèrent comme créateur d’emplois. Le Nouveau Parti démocratique accuse toutefois les libéraux de poursuivre dans la même voie que les conservateurs.

Autre sujet au menu : le programme national de lutte contre les changements climatiques que veut instaurer le gouvernement en collaboration avec les provinces. Jusqu’ici, les discussions n’ont pas permis d’entente sur un prix pancanadien du carbone, au coeur des discussions. La Saskatchewan, notamment, s’y oppose.

Les consultations du gouvernement sur la réforme démocratique n’ont pas jusqu’ici dégagé de consensus clair pour remplacer l’actuel mode de scrutin.

Le gouvernement, qui a posé ses conditions en vue d’aider Bombardier, devrait aussi donner sa réponse.

Les conservateurs promettent d’être la voix des contribuables


La chef intérimaire du Parti conservateur Rona Ambrose, en point de presse lundi 19 septembre  
Photo : Adrian Wyld

Seul parti à défendre « les contribuables qui travaillent fort », le Parti conservateur fera de l’économie sa priorité, ont tour à tour martelé sa chef intérimaire, Rona Ambrose, et son chef adjoint, Denis Lebel, au cours d’un point de presse sur la session parlementaire qui commence.

La formation continuera de plaider en faveur d’impôts bas pour stimuler économie, ont-ils assuré, accusant du même souffle les libéraux d’enregistrer un déficit « hors de contrôle ». « Le plan libéral ne fonctionne pas », a soutenu Mme Ambrose.

Elle s’est également portée à la défense d’Énergie Est, accusant le gouvernement Trudeau de tergiverser et d’abandonner les travailleurs de Terre-Neuve-et-Labrador et de Nouvelle-Écosse. « Sans pipeline, notre pays perdra beaucoup », a-t-elle lancé, soutenant que le projet permettrait de créer des milliers d’emplois.

Denis Lebel a rappelé que sa formation s’opposait à la taxe sur le carbone, disant privilégier une réglementation visant l’industrie plutôt qu’une taxe aux consommateurs.

Ils ont tous deux appelé le gouvernement à respecter les compétences des provinces, une réalité selon eux mise à mal, notamment en santé. Denis Lebel a dénoncé la « vraie nature centralisatrice » du Parti libéral, soutenant que les conservateurs avaient pour leur part pratiqué un fédéralisme d’« ouverture ».

Autant M. Lebel que Mme Ambrose ont promis de talonner le gouvernement pour qu’il tienne un référendum pour tout changement qu’il pourrait apporter au système électoral. 

Ils veulent aussi que celui-ci s’explique sur le Programme pour la stabilisation et les opérations de paix, annoncé le mois dernier.

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