Restaurant Day, une concurrence déloyale selon des professionnels

Restaurant Day, une concurrence déloyale selon des professionnels

Normes alimentaires et permis de préparation, la restauration est encadrée, rappellent des restaurateurs, inquiets de la popularité des restaurants éphémères installés dimanche à l’occasion du Restaurant Day.

«Ça crée un espèce de double marché, même pour une seule journée, assure Paloma Castonguay du Pizzédélic sur l’avenue du Mont-Royal, qui n’hésite pas à comparer l’impact de ces restaurants éphémères à celui d’Uber sur l’industrie du taxi. Si ça prend de l’ampleur, il faudrait vraiment s’assurer que chacun respecte les mêmes règles.»

Dimanche, environ 70 restaurants éphémères se sont improvisés dans le cadre du carnaval culinaire Restaurant Day, qui propose depuis trois ans aux Montréalais de créer leur menu et se géolocaliser sur le site restaurantday.org.

Plusieurs sans permis

Dans un courrier envoyé aux participants, la Division de l’inspection des aliments de la Ville de Montréal, mandataire du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), rappelle qu’il est «nécessaire de détenir un permis du MAPAQ pour préparer ou pour garder chauds ou froids des aliments en vue de les vendre».

Un permis au cout de 34 $ dont plusieurs des restaurateurs rencontrés admettent ne pas s’être dotés.

«Quand je vois des « stands » de nourriture à l’extérieur, je sais clairement que leurs normes alimentaires sont presque nulles, croit Marika Noël, du bistro Cornichon sur le Plateau-Mont-Royal. Certains vont les respecter, mais tellement de gens passent à côté de ça, c’est dégueulasse, car nous on ne peut pas se permettre ça.»

Visites d’inspecteurs

Mais les activités du Restaurant Day semblent être dans l’oeil des inspecteurs qui auraient visité plusieurs étals.

«On a reçu une inspection ce matin pour voir si tout était « top-notch »», a indiqué Ely Hailman, venu proposer ses jalapenos farcis enrobés au bacon au parc Laurier. «J’ai l’impression que ça va devenir plus strict avec le temps.»

Simplifier les règles

Selon l’ambassadeur de Restaurant Day Montréal, pour un tel événement spécial, la réglementation devrait être un peu moins complexe. «[On] ne doit effectivement pas échapper aux règles, que l’on communique aux restaurateurs, a affirmé Frédéric Nissen. Mais si on se mettait à appliquer tout à la lettre, ça coûterait plusieurs centaines de dollars à chaque restaurant éphémère. Le tout pour partager une recette de gaspacho et passer un bon moment entre voisins.»

Au moment d’écrire ses lignes, le MAPAQ et la Ville n’avaient pas rappelés pour offrir leur point de vue.

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