RONA, PKP craint pour le siège social et la fuite de capitaux

RONA, PKP craint pour le siège social et la fuite de capitaux

Maintenant que la chaîne RONA a été achetée par l’américaine Lowe’s, le Québec perdra le siège social de l’entreprise, ainsi que les profits, qui s’en iront aux États-Unis, prévoit Pierre Karl Péladeau.

«Lorsque vous perdez la propriété d’une entreprise, vous perdez les bénéfices qui y sont associés et qui vont enrichir d’autres mondes», a expliqué vendredi le chef du Parti québécois (PQ) en entrevue avec notre Bureau parlementaire. M. Péladeau réagissait à la manchette du Journal révélant que les emplois de RONA n’étaient pas protégés dans la transaction avec Lowe’s.

M. Péladeau n’est pas surpris le moins du monde. «Que RONA n’ait pas garanti le maintien du siège social et les emplois qui y sont rattachés, il ne faut pas s’en surprendre. J’étais plutôt surpris d’entendre la ministre Dominique Anglade dire qu’elle avait eu des promesses. Elle se fait rattraper par son manque d’expérience.»

Pierre Karl Péladeau prévoit que le siège social de RONA, à Boucherville, sera déménagé en douce. «Ce n’est pas la semaine prochaine que ça va se produire. Ça va se faire petit à petit. Tu coupes trois personnes ici, tu rapatries un département là. C’est un processus long; après 10 ans, tu réalises que le siège social a disparu», prévoit le chef du PQ.

Fournisseurs

Les fournisseurs de RONA au Québec pourraient perdre leur client, ajoute-t-il. «Dans ce genre d’entreprise, vous avez des escomptes de volume; plus vous achetez, moins la dernière unité coûte cher.»

Les nouveaux propriétaires de RONA vont acheter leurs marteaux du fournisseur qui en vend déjà un gros volume parce que le prix est meilleur. Le petit fournisseur du Québec devra réduire son prix ou perdre sa relation commerciale avec RONA, prévient M. Péladeau.

Les emplois en magasin seront préservés, sauf exception, croit M. Péladeau. «RONA est une bonne bannière. À l’intérieur des succursales, je ne pense pas que les emplois soient en danger. Les magasins sont rentables et ils ont besoin de personnel qualifié.»

Droit de veto

Pierre Karl Péladeau soutient que le gouvernement aurait pu empêcher la vente de RONA. À son avis, l’État québécois détenait 33 % du capital de l’entreprise. «Quand vous détenez 33 % d’une entreprise, c’est comme si le capital était verrouillé […] Quand Investissement Québec a vendu sans qu’on le sache, le signal était donné que RONA était à vendre.» Parce que la décision d’acheter était politique, la décision de vendre aurait dû l’être aussi, conclut M. Péladeau.

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