Rules Don’t Apply, Beatty entre nostalgie et humour

Rules Don't Apply, Beatty entre nostalgie et humour

Le Warren Beatty réalisateur et scénariste possède un sens de l’humour féroce. On l’a déjà vu à l »uvre dans Shampooing (1975, dont il avait signé le scénario sans le réaliser), Le ciel peut attendre (1978) et Bulworth (1998).

Pour ce premier – et probablement dernier – retour derrière la caméra en 16 ans, il a décidé de faire revivre aux cinéphiles les fastes et les frasques du Hollywood de 1958.

Ayant croisé à cette époque Howard Hughes, milliardaire excentrique et reclus (incarné par Leonardo DiCaprio dans L’aviateur de Martin Scorsese), Warren Beatty a toujours voulu écrire un long métrage sur cet homme fascinant à qui il redonne ici une image plus humaine, moins grandiose et probablement plus proche du véritable Howard Hughes.

Marla Mabrey (Lily Collins qui a des airs d’une jeune Natalie Wood ou Elizabeth Taylor et dont la fraîcheur illumine l’écran) arrive à Hollywood pour devenir actrice. Dûment surveillée par sa mère (Annette Bening), elle fait partie de la vingtaine de starlettes nourries, logées et formées par Howard Hughes, désireux de s’assurer de la présence constante d’un cheptel de jeunettes.

L’entourage du milliardaire compte d’abord son chauffeur, Frank Forbes (Alden Ehrenreich), chargé de conduire Marla à travers Los Angeles. Puis, il y a Levar Mathis (Matthew Broderick), son secrétaire particulier et homme à tout faire. On croise également Nadine Henly (Candice Bergen) en secrétaire, Robert Maheu (Alec Baldwin), avocat et président des entreprises Hughes et même Noah Dietrich (Martin Sheen), l’un des autres grands patrons de la compagnie du richissime homme d’affaires.

Contrairement aux règles édictées par Howard Hughes – qu’on ne voit pas pendant la première partie du film, Warren Beatty débitant ses dialogues derrière un rideau – qui interdit les relations intimes entre ses employés, Marla et Frank vont tomber amoureux l’un de l’autre. De chassés-croisés en amourettes clandestines, Rules Don’t Apply veut rendre cette insouciance et cette légèreté qu’a connues le cinéaste à son arrivée dans la ville des anges. C’est globalement réussi, pour peu qu’on aime le style particulier de ce géant du cinéma américain du 20e siècle.

Son interprétation d’Howard Hughes – au contraire de celles de Bugsy Siegel dans Bugsy ou de John Reed dans Reds, de loin son meilleur long métrage à tous points de vue – n’est pas celle d’un homme plus grand que nature. Désemparé, craintif, obsessif, à la limite du pathétique, le Howard Hughes de Warren Beatty est un être fatigué qui n’attend plus rien de la vie sinon la satisfaction de ses marottes aussi drôles qu’absurdes (comme avoir les derniers pots de crème glacée à la banane dont la production a été stoppée).

Petite comédie charmante, Rules Don’t Apply ne semble pas avoir d’autre objectif que de donner à l’Amérique un peu de rêve. Il s’en dégage un parfum de nostalgie qui risque de ne plaire qu’aux amateurs.

Note: 3,5 sur 5

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