Sept mois après la mort de Michael Brown Ferguson reste en mauvais état

Sept mois après la mort de Michael Brown Ferguson reste en mauvais état

Sept mois plus tard construits sur le devant de la scène, dans des circonstances dramatiques, Ferguson petite ville américaine du mal à se remettre de la mort de Michael Brown, tiré désarmé par un policier blanc.

Robert Macpherson
14-03-2015 | 04h12

Dernière mise à jour: 14-03-2015 | 04h12

FERGUSON – Sept mois après avoir surgi sur le devant de la scène dans des circonstances dramatiques, la petite ville américaine de Ferguson peine à se remettre de la mort de Michael Brown, abattu non armé par un policier blanc.

Les manifestations nocturnes, et pour la plupart dans le calme, devant le poste de police de cette ville de 21 000 habitants du Missouri font désormais partie du paysage.

Mais les tirs mercredi soir qui ont blessé deux policiers n’ont fait qu’alourdir le fardeau d’une communauté qui n’aspire qu’à tourner la page, même si beaucoup regrettent que le policier qui a tué en août le jeune homme noir de 18 ans ne sera pas jugé.

Susan Brown – qui n’a pas de lien de parenté avec Michael – a ouvert une boutique de vêtements bon marché pour enfants trois mois avant la confrontation mortelle.

Les affaires marchaient bien à l’ouverture du commerce, a-t-elle expliqué vendredi à l’AFP, mais son chiffre d’affaires mensuel a, depuis août, chuté d’environ 70%.

«J’aime Ferguson. Je pense que j’ai un très bon emplacement», a relevé la commerçante de 53 ans, qui y possède des propriétés louées même si elle réside dans une autre banlieue de St. Louis.

«Depuis Mike Brown, les affaires se sont réduites de presque moitié – mais nous sommes toujours là».

Peur d’être pris dans le chaos

Les clients des banlieues limitrophes ne viennent plus, a-t-elle relevé, parce qu’ils «ont toujours peur de ce qui pourrait se déclencher à tout moment. Ils ne veulent pas être pris dans un quelconque chaos».

L’annonce par le ministère de la Justice la semaine dernière qu’il n’y avait pas assez de preuves pour poursuivre le policier Darren Wilson en vertu de la loi fédérale sur les droits civiques n’a pas surpris grand monde à Ferguson, où les deux tiers des habitants sont noirs alors que les responsables sont à grande majorité blancs.

Le policier avait déjà échappé à un procès au pénal après la décision d’un grand jury de ne pas l’inculper. Il avait expliqué avoir agi en légitime défense.

Il n’est pas sorti d’affaires complètement puisque la famille du jeune homme a l’intention de le poursuivre, ainsi que la ville, au civil.

Reste que le rapport du ministère a été accablant, détaillant les pratiques racistes de la police et de la municipalité et montrant, chiffres à l’appui, l’inégalité de traitement réservée aux Noirs.

Au total, six personnes ont jusqu’à présent démissionné à la suite de cette publication, dont le chef de la police et un juge, et une autre a été renvoyée.

Système corrompu et inhumain

«Le ministère de la Justice a de manière unanime déterminé que le dispositif auquel appartenait Darren Wilson était corrompu, illégal et inhumain», a déclaré DeMarco Davidson, un militant local et curateur du Michael Brown Memorial fund.

«Et pourtant Darren Wilson va bien – et c’est toujours un problème pour nous», a-t-il expliqué à l’AFP en marge d’une manifestation qui a réuni jeudi environ 200 personnes, surveillées par plusieurs dizaines de policiers et devant un nombre encore plus grand de journalistes.

Il a dit espérer que «le mouvement» – rejoint par de nombreux jeunes américains blancs ayant pris part aux manifestations Occupy de 2011 – allait perdurer, tandis que Ferguson s’inscrit dans les annales du mouvement pour les droits civiques aux États-Unis.

«L’ancien système ne fonctionne pas, c’est l’une des choses les plus importantes», a-t-il noté. «Il y a maintenant une opportunité pour réunir les gens qui parlent pour le compte des habitants de Ferguson et, espérons-le, pour changer les choses».

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