Sous le charme de Lou-Pascal Tremblay

Sous le charme de Lou-Pascal Tremblay

Le comédien Lou-Pascal Tremblay traverse actuellement une période charnière de sa jeune carrière.

En se glissant dans la peau de méchants, il casse l’image de l’ado amoureux qui lui colle à la peau pour se diriger vers des rôles de jeunes hommes tourmentés. Qu’il incarne un charmeur ou un intimidateur, on l’aime… ou on aime le détester. Rencontre avec un gars qui a de la classe!

Lou-Pascal, le public a fait ta connaissance dans le film Le journal d’Aurélie Laflamme. Souhaitais-tu être comédien depuis longtemps’

Lorsque j’ai décroché le rôle de Tommy, j’exerçais le métier de comédien depuis quelque temps déjà. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fasciné par le cinéma et la télévision. J’ignore d’où me vient cet intérêt, puisque mon père est architecte et ma mère, designer d’intérieur. Lorsque j’ai manifesté le désir de jouer devant la caméra, au début de l’adolescence, mes parents m’ont soutenu à 100 %, en m’accompagnant aux auditions et sur les plateaux de tournage.

Les rôles de charmeur te collent à la peau: Aurélie Laflamme, Apparences, Mémoires vives, Jérémie…

C’est vrai que j’ai décroché plusieurs rôles du même registre. L’amoureux, le meilleur ami, le charmeur… je me glisse assez facilement dans la peau de ces gars-là. Puis, j’ignore pourquoi, mais j’ai décroché coup sur coup deux rôles de «bad boy» cette année. Enfin, quelqu’un a vu la méchanceté en moi! (rires) Sérieusement, je suis heureux de jouer les détestables. Il y a quelque chose d’exigeant et de confrontant à incarner ce genre de personnages.

Si le public t’aimait d’emblée grâce à tes irrésistibles personnages, crois-tu qu’il aime te détester après t’avoir vu dans le film 1:54′

La première fois que j’ai vu le film, c’était au Festival du film d’Angoulême, en France. Après le générique, je suis monté sur scène avec les comédiens et le réalisateur, Yan England, et… je me suis fait huer! J’étais conscient qu’un personnage comme Jeff allait faire réagir, mais je n’étais pas prêt à recevoir toute cette haine-là. Mais, au final, j’ai appris à aimer qu’on me déteste. Quelque part, ça prouve que j’ai bien fait mon travail.

Et c’est le cas! Comment un gars aussi gentil que toi a-t-il réussi cette transformation’

Pour incarner Jeff dans 1:54, j’avais dans la tête l’image d’une vipère: un animal qui se la joue cool en apparence, mais qui attaque subitement. Certains acteurs sont cartésiens, ils jouent avec leur tête et sont capables de reproduire avec précision plusieurs émotions. D’autres sont des acteurs de coeur, qui adoptent la personnalité de leur personnage le temps d’un tournage. Je suis de la deuxième catégorie. Après ce tournage physiquement et émotionnellement exigeant, j’ai ressenti le besoin de prendre du temps pour moi, de décrocher.

Tu décroches entre autres grâce aux voyages. N’est-ce pas’

Effectivement. Et je suis du genre à partir sur un coup de tête! Par exemple, l’an dernier, j’ai fait l’acquisition d’un chalet. Chez le notaire, la femme qui me vendait sa demeure m’a raconté qu’elle partait ouvrir un orphelinat au Bénin. Les jours suivants, l’idée d’aller lui donner un coup de main en Afrique ne me quittait pas. Je l’ai donc appelée, et je suis allée la rejoindre.

Et qu’as-tu fait là-bas’

J’ai aidé à construire des toilettes écologiques et un petit poulailler pour que les enfants puissent manger des oeufs frais chaque matin. Que ce soit par mes voyages, mes rôles ou les sports que je pratique, j’aime sortir de ma zone de confort, prendre des risques, me dépasser.

Tu portes présentement des rallonges tressées…

Oui. C’est pour la série policière Victor Lessard, dans laquelle j’incarne un jeune homme à la tête d’un groupe d’anarchistes. Il cambriole, tire avec un revolver, n’hésite pas à tuer… Lors des scènes d’action, j’ai une poussée d’adrénaline plus forte que lorsque je saute en parachute, pour vous dire à quel point je tripe à camper différents personnages.

Où te vois-tu dans cinq ans’

Sincèrement, je l’ignore. Je n’ai pas de plan précis. Si j’ai appris quelque chose au cours des dernières années, c’est que la vie nous réserve bien des surprises. Je fais ce que j’aime, je travaille fort et, pour le reste, je croise les doigts pour que ma vie continue d’être aussi palpitante.

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