SpaceX prêt à lancer le satellite océanographique Jason 3

SpaceX prêt à lancer le satellite océanographique Jason 3

WASHINGTON – SpaceX doit lancer dimanche un satellite franco-américain de mesure de l’élévation des océans, clé pour mieux comprendre le réchauffement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes, et tenter de poser le premier étage du lanceur sur une barge en mer.

Le décollage de la fusée Falcon 9 est prévu à 18 h 42 GMT de la base aérienne Vandenberg, en Californie, avec une fenêtre de tir de 30 secondes. Les prévisions météorologiques font état de 100 % de chances de conditions idéales.

Avec deux ans de retard, la mise sur orbite de ce satellite, construit par le groupe français Thales Alenia Space et baptisé Jason 3, va accroître la précision des mesures océanographiques (niveau des mers, puissance des vents, hauteur des vagues et direction des courants…) en temps quasi-réel, permettant d’améliorer les prévisions météorologiques.

Jason 3 est le fruit d’une coopération entre le CNES (Centre national d’études spatiales), l’EUMETSAT (European Organization for the Exploitation of Meteorological Satellites), la Nasa et la NOAA (Agence américaine océanique et atmosphérique).

Situé sur une orbite à 1336 kilomètres d’altitude, il mesurera l’élévation des océans avec une précision inférieure à quatre centimètres, a précisé Jim Silva, le responsable de la mission à la NOAA.

«Sa mission première est de déterminer la circulation océanique et le niveau des mers», a-t-il ajouté, précisant que le coût de Jason 3, son exploitation pendant cinq ans et le lancement, se monte à 180 millions de dollars.

Comparativement à ces deux prédécesseurs, également construits en France, Jason 3 pourra mesurer la vitesse des vents et la force des courants jusqu’à un kilomètre des côtes contre dix kilomètres actuellement. Cela permettra d’améliorer les opérations de recherche et de sauvetage en cas de naufrage.

Les données collectées par Jason seront aussi utiles aux pêcheries, à la navigation maritime et aux recherches sur l’impact des activités humaines sur les océans.

Laury Miller, responsable scientifique de Jason 3 à la NOAA, souligne que «l’élévation des océans est le symptôme le plus évident du réchauffement planétaire qui guide les prévisions d’ouragans, de réapparition du courant chaud du Pacifique El Nino et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes».

«Plus de 90% de la chaleur piégée à la surface de la planète se concentre dans les océans qui sont peut-être de ce fait le facteur le plus important dans le changement climatique», a-t-il expliqué devant la presse.

Deux minutes après le lancement, une fois que le premier étage du Falcon 9 se séparera du second étage qui transporte le satellite, il effectuera un retour vers la Terre et rallumera ses moteurs en rétro-fusée pour freiner sa descente et venir se poser en douceur à la verticale sur une plateforme flottante dans le Pacifique.

SpaceX a déjà essayé à trois reprises en mer mais sans succès.

Mais le 22 décembre dernier, la société du milliardaire Elon Musk, avait réussi pour la première fois à faire atterrir le premier étage Falcon 9 sur le sol près de Cap Canaveral (Floride) onze minutes après son lancement.

Hans Koenigsmann, responsable du tir de SpaceX, a expliqué que la société californienne n’avait pas pu tenter un nouvel atterrissage sur la terre ferme car elle n’a pas obtenu l’autorisation des autorités.

«Nous avons eu un excellent atterrissage la dernière fois, de ce fait les choses se présentent bien», a-t-il estimé, précisant que contrairement à la précédente tentative il n’y aura probablement pas d’images en direct vu la distance de la barge de la côte.

SpaceX estime que la récupération du premier étage permettra de fortement réduire les coûts de lancement et de bouleverser le marché de la mise sur orbite des satellites.

Il s’agira dimanche du deuxième vol d’une fusée de SpaceX depuis l’explosion d’un lanceur Falcon 9 en juin dernier après son décollage de Cap Canaveral. Il s’agissait alors du premier revers pour SpaceX après dix-huit lancements réussis dont six sur douze prévus pour livrer du fret à la Station spatiale internationale pour la Nasa.

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