Syrie , Seule la Russie peut mettre fin à l’escalade de la violence

Syrie ,  Seule la Russie peut mettre fin à l'escalade de la violence

À la demande des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni, le Conseil s’est réuni à New York pour débattre de l’offensive aérienne sur la ville d’Alep, lancée jeudi par Damas et Moscou. 

La représentante permanente des États-Unis à l’ONU, Samantha Power, a déclaré que l’engagement militaire russe aux côtés du régime de Damas relève de la barbarie et non pas de la lutte contre le terrorisme. 

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 101 personnes ont perdu la vie sous la pluie de bombes larguées depuis trois jours. Des femmes et des enfants sont ensevelis sous les ruines des immeubles détruits, ajoute l’organisme. 

« Toute la nuit, les bombardements n’ont pas cessé », a affirmé à l’AFP un habitant du quartier rebelle d’Al-Kallassé, Ahmad Hajjar.

Sa rue est jonchée de « bombes à sous-munition » qui n’ont pas explosé, a-t-il raconté. Il a d’ailleurs vu un voisin trébucher sur l’une d’entre elles, avant d’exploser.

Les rebelles et l’armée syrienne ont indiqué qu’un camp stratégique d’Handarat, situé au nord d’Alep, a également été bombardé dimanche. Le lieu a été repris par les insurgés syriens, qui en avaient perdu le contrôle samedi.

Des armes de plus en plus puissantes


Des enfants marchent dimanche dans un quartier détenu par les rebelles dans la région d’Alep.  
Photo : Reuters/Abdalrhman Ismail

Depuis le début de l’offensive du régime syrien pour reprendre les quartiers rebelles, des habitants et des militants ont dénoncé l’utilisation d’un nouveau type de projectiles d’une puissance accrue.

Certains projectiles ont l’effet d’un tremblement de terre et réussissent à détruire les sous-sols des immeubles. Une vidéo d’un site bombardé montre d’ailleurs d’énormes cratères de plusieurs mètres de profondeur et de largeur.

Selon les rebelles syriens, les forces syriennes utilisent du napalm et des armes chimiques.

« Nous avons repris le camp d’Handarat, mais le régime l’incendie avec des bombes au phosphore. Nous avons pu nous protéger, mais le bombardement a brûlé nos véhicules », a dit Abou al Hassanien, commandant de la cellule des opérations rebelles.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a d’ailleurs indiqué que « l’apparente utilisation systématique » d’engins incendiaires et de bombes particulièrement puissantes dans des zones habitées « pouvait constituer des crimes de guerre ». Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a aussi soulevé cette possibilité.

Dimanche, les pays occidentaux tenteront à nouveau de sauver la trêve, mise au point par les États-Unis et la Russie, puis abandonnée après une semaine par le gouvernement syrien. 

L’Union européenne, les États-Unis, la France, l’Italie, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont déclaré dans un communiqué que la Russie est responsable de la reprise des combats. 

La Russie est coupable de faire durer cette guerre et de la rendre encore plus affreuse.

Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères

Ces pays ajoutent que seule la Russie peut mettre fin à l’escalade de la violence en cours.« La patience devant l’incapacité ou le refus persistant de la Russie de tenir ses engagements n’est pas infinie », écrivent-ils.

« Il appartient à la Russie de prouver qu’elle est disposée et qu’elle est capable de prendre des mesures exceptionnelles pour sauver les efforts diplomatiques » en vue de rétablir la trêve, avertissent les signataires.

Une trentaine de groupes rebelles soutenus par les Occidentaux ont aussi diffusé un communiqué dimanche dans lequel ils indiquent que les bombardements actuels sont « sans précédent » et rendent inutile toute tentative de trêve, à moins d’un arrêt complet des combats et de l’envoi d’aide humanitaire des Nations unies.

Ils ne peuvent accepter que la Russie prenne part aux négociations, puisqu’elle soutient le régime syrien « dans ses crimes contre notre peuple », ont-ils écrit. 

Près de deux millions de résidents d’Alep sont privés d’eau courante depuis samedi. Les quelque 250 000 habitants des quartiers rebelles ne reçoivent plus d’aide de l’extérieur depuis pratiquement deux mois.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a affirmé samedi à New York que sa confiance dans la victoire était encore plus grande. Il a souligné que l’armée syrienne, aidée par la Russie, l’Iran et le Hezbollah libanais, avait enregistré d’importants succès militaires.

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