Trafic de cocaïne au Bar Cherry

Trafic de cocaïne au Bar Cherry

La Régie des alcools a suspendu le permis d’un bar de Montréal pendant deux mois parce que des trafiquants de cocaïne vendaient leur drogue sous le nez des responsables de l’établissement.

La police de Montréal a effectué trois perquisitions en six ans au Bar Cherry, situé sur le boulevard Crémazie Est, près de l’autoroute métropolitaine.

Des agents d’infiltration ont pu acheter de la coke à des «vendeurs avec des quarts de travail attitrés» à quatre reprises­­, entre 2007 et 2012.

Les policiers ont aussi constaté plusieurs autres transactions avec des clients du bar pendant cette période.

Certaines d’entre elles ont eu lieu sous les yeux des employés et du gérant de l’époque, sans problème. Il est même déjà arrivé qu’un trafiquant remette de l’argent directement à une serveuse, lit-on dans la récente décision de la Régie des alcools, des courses et des jeux.

À une occasion, en 2007, les limiers ont réussi à se procurer de la drogue auprès d’Antonio Zambito. L’homme de 48 ans a plaidé coupable à des chefs de trafic de stupéfiants en 2010. Il a été nommé gérant du bar en 2013, un poste qu’il occupe­­ toujours.

Ancien trafiquant comme gérant

Une nomination qui a surpris les régisseurs, Mes Marc Savard et Pierre H. Cadieux. «Il se peut que M. Zambito soit un nouvel homme, et c’est ce que l’on souhaite tous, mais considérant les problématiques de son passé […] ce n’est pas d’une grande sagesse de le réengager et de continuer à l’employer à titre gérant [sic] jusqu’à ce jour», notent-ils.

Les régisseurs n’ont pas été tendres à l’endroit du propriétaire Paolo Poljak.

Selon eux, il est tout simplement impossible que M. Poljak ait ignoré ce qui se passait dans son bar, surtout après trois perquisitions.

Lors de l’audience, ce dernier a indiqué qu’il passait entre 50 et 60 heures par semaine à son bar et qu’il avait «repris les rênes» après chaque perquisition. Les régisseurs ne semblent pas être de cet avis.

«Dans le meilleur des scénarios, c’est un euphémisme de parler d’un aveuglement volontaire grave. Aucune mesure sérieuse n’a été prise, puisque le trafic s’est répété», stipulent-ils.

La Régie a donc ordonné au Bar Cherry de cesser ses activités pour 60 jours.

Avertissement

«Outre des cas de violence extrême comme des tentatives de meurtres, des meurtres ou des situations mettant la sécurité des citoyens en péril […] il est difficile de concevoir des atteintes à la tranquillité publique plus graves que le trafic de stupéfiants organisé et répétitif», insiste la Régie.

Et si le Bar Cherry devait être convoqué devant les régisseurs pour une récidive, son permis serait révoqué, prévient-on.

Il n’a pas été possible de joindre Paolo Poljak ni son avocate.

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