Trudeau critique l’embargo imposé contre Cuba

Trudeau critique l'embargo imposé contre Cuba

LA HAVANE – Justin Trudeau a effleuré la question des droits de l’homme lors de son passage à Cuba, mais il a affiché un désaccord marqué quant à l’embargo commercial de longue date imposé par les États-Unis.

Le premier ministre a pris la parole, mercredi, devant des étudiants à l’Université de La Havane, en présence de son «bon ami», le président de la République Raul Castro.

L’allure décontractée et les manches relevées, il en a profité pour réitérer les liens d’amitié qui unissent les deux pays et leurs deux familles, rappelant que cette relation s’échelonnait sur plusieurs décennies.

Il a rappelé que le Canada, avec le Mexique, avait été le seul pays de l’hémisphère occidental à maintenir des relations diplomatiques avec Cuba après la révolution à la fin des années 1950.

«C’est un lien solide qui a mis la table à la visite de mon père lorsqu’il était premier ministre», a-t-il souligné, rappelant que sa mère et son frère Michel étaient du voyage en 1976.

Il a souligné l’importance, pour lui, de faire en sorte que son premier arrêt officiel en Amérique latine se fasse à Cuba, ce qui lui a valu des applaudissements de la salle.

M. Trudeau a ensuite abordé du bout des lèvres la question des droits de l’homme lors de son discours.

«Les relations solides comme celles entre le Canada et Cuba nous rappellent aussi que les amis se parlent ouvertement et honnêtement entre eux», a-t-il indiqué.

«Je suis reconnaissant que le président Castro et moi ayons développé ce type de relation où nous pouvons franchement discuter d’enjeux, que ce soit à propos de la gouvernance, des droits de la personne, des changements climatiques ou de l’égalité entre les hommes et les femmes», a poursuivi le premier ministre.

En comparaison, lors de son voyage historique en mars dernier à Cuba, le président Barack Obama n’avait pour sa part pas hésité à parler de «sérieuses divergences, notamment sur la démocratie et les droits de l’homme».

M. Trudeau a ensuite pris une dizaine de questions des étudiants présents dans la salle, dont plusieurs ont porté sur les États-Unis et reflété leurs inquiétudes devant l’arrivée d’un nouveau joueur: le président élu Donald Trump.

Le premier ministre a voulu se faire rassurant, affirmant que cette élection ne changera rien aux relations entre le Canada et Cuba. Il a suggéré que cette amitié entre les deux pays témoigne de la politique étrangère distincte du Canada.

«Le Canada a toujours été un ami constant et indéfectible de Cuba et nous n’avons jamais trouvé de contradiction entre le fait d’être de solides amis de Cuba et d’être de bons amis et partenaires avec les États-Unis», a-t-il déclaré.

«C’est une des façons pour nous de réitérer le fait que nous sommes notre propre pays. Que nous faisons nos propres choix et que nous sommes prêts à défendre nos valeurs», a-t-il poursuivi.

Le premier ministre Trudeau a aussi montré son différend quant à l’approche adoptée par les États-Unis à l’égard de Cuba.

«Ce n’est pas une surprise, nous sommes en désaccord avec l’approche que les États-Unis ont prise avec Cuba. Nous pensons que notre approche de partenariat, de collaboration, d’engagement, est bien mieux», a-t-il déclaré.

«Ce n’est pas notre job de dire à nos amis et alliés ce qu’ils devraient faire ou ne pas faire. C’est notre job de nous assurer que nous faisons ce que nous pensons que nous devrions faire et que nous pouvons faire en terme de créer des occasions pour les Canadiens, pour les compagnies canadiennes, mais aussi des occasions pour Cuba», a ajouté M. Trudeau.

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