Trump s’assagit sur l’immigration Clinton dépasse le 50%

Trump s'assagit sur l'immigration Clinton dépasse le 50%

WASHINGTON – Hillary Clinton recueillait selon un nouveau sondage paru jeudi 51% des intentions de vote pour la présidentielle américaine, dans un match à deux contre Donald Trump, qui ne parvient pas à remonter après un été difficile.

Le candidat républicain à la Maison Blanche était crédité de 41 % des intentions de vote des Américains qui ont l’intention de se rendre aux urnes en novembre, selon l’institut de l’université Quinnipiac.

En présence de candidats tiers, la démocrate reste également en tête avec 45 % contre 38 % pour Donald Trump, suivis du libertarien Gary Johnson (10 %) et de la candidate du parti vert, Jill Stein (4 %). La marge d’erreur est de 2,5 points.

En moyenne, Hillary Clinton est créditée de 47,7 % des voix contre 41,7 % pour Donald Trump, selon le site Real Clear Politics. Trois sondages réalisés depuis début août ont également crédité la démocrate de 50 % des intentions de vote.

Trump adoucit sa position sur l’immigration

Hillary Clinton devrait dénoncer jeudi dans un discours l’appétit de Donald Trump pour les théories du complot, à l’heure où le candidat républicain tente de relancer sa campagne… et semble modérer ses positions sur l’immigration.

Le «nouveau» Trump, lancé la semaine dernière, envoie des messages contradictoires. D’une part, il a choisi comme directeur général de son équipe le patron du virulent site conservateur Breitbart, et des médias ont rapporté que l’ex-patron de Fox News, Roger Ailes, le conseillait informellement, présageant un virage à droite et une radicalisation de son discours.

Mais d’autre part, cédant aux pressions des ténors de son parti, le candidat utilise désormais un prompteur, lisant des discours un peu plus structurés qu’auparavant. Plus discipliné, il concentre ses prises de parole sur Hillary Clinton et des accusations de trafic d’influence via la Fondation Clinton, au lieu de s’éparpiller et de s’empêtrer dans des polémiques inutiles.

Il tente aussi d’élargir sa base électorale vers la communauté noire, avec plus ou moins de succès.

Et surtout, il a laissé entendre qu’il n’était plus favorable à l’expulsion manu militari des plus de 11 millions de clandestins vivant aux États-Unis, ce qui formait pourtant la pierre angulaire de sa candidature pendant toute la campagne des primaires.

«Il peut absolument y avoir un assouplissement», a-t-il déclaré mardi dans une émission spéciale sur Fox News.

«Il n’y aura pas d’amnistie en tant que telle. Il n’y aura pas d’amnistie», a-t-il précisé le lendemain, sur la même chaîne, «mais nous travaillons avec eux».

Il a ensuite cité des gens venus lui dire qu’«expulser une personne qui se trouve ici depuis 15 ou 20 ans, ainsi que sa famille, c’est difficile». «Nous allons annoncer une décision très bientôt», a-t-il promis.

La virevolte est spectaculaire. Les idées qu’il avance aujourd’hui – expulser les clandestins criminels en priorité, et laisser les autres rester en échange d’une amende – ressemblent à s’y méprendre aux multiples projets de réforme migratoire proposés par les républicains modérés et les démocrates depuis plusieurs années, et rejetés avec force par Donald Trump et la droite du mouvement conservateur.

Le camp Trump se démenait jeudi pour assurer qu’il n’y avait pas de changement de ligne. Mais le discours promis par Donald Trump pour clarifier son projet migratoire et mettre les points sur les «i» se fait attendre, après qu’il fut annoncé à Phoenix pour la semaine prochaine.

Intolérance

Les démocrates n’ont pas laissé passer cette énième tentative du milliardaire pour changer d’image.

«C’est une tentative désespérée pour arriver à un point où ses propos et positions sont moins catastrophiques pour sa candidature qu’ils ne l’étaient jusqu’à présent», a réagi Hillary Clinton au téléphone sur CNN.

La candidate démocrate, qui maintient une avance confortable dans les sondages malgré une légère érosion après le pic de la mi-août, a décidé de contre-attaquer en liant Donald Trump à la «droite alternative« («alt-right», en anglais), une mouvance d’extrême droite qui répand sur internet de multiples théories du complot dont les partisans de Donald Trump raffolent.

«Donald Trump nous a montré qui il était vraiment, et nous devons le croire», a poursuivi Hillary Clinton sur CNN. «Il a sorti de l’ombre ce mouvement haineux, il l’a intégré à sa campagne, il le diffuse dans nos villes et notre pays».

Et Hillary Clinton de rappeler que l’homme d’affaires remit longtemps en cause la citoyenneté et la légitimité du premier président noir des États-Unis, ainsi que ses autres méfaits racistes, notamment ses attaques contre un juge fédéral parce qu’il était d’origine mexicaine.

«C’est un marchand d’intolérance, de préjugés et de paranoïa», a-t-elle conclu.

Cette dénonciation formera le coeur du discours qu’elle prononcera jeudi à Reno, dans le Nevada, sa première réunion publique après près d’une semaine consacrée exclusivement à des levées de fonds, notamment en Californie, à Hollywood et dans la Silicon Valley.

«Hillary Clinton est sectaire, pour elle les gens de couleur sont seulement des voix», a répliqué Donald Trump mercredi lors d’un rassemblement à Jackson, dans le Mississippi. Jeudi, le républicain s’est aussi affiché avec un groupe de conservateurs noirs et hispaniques dans la tour Trump de New York.

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