Un entrepreneur en construction menace de saisir une école à Sept-Îles

Un entrepreneur en construction menace de saisir une école à Sept-Îles

Un entrepreneur qui a construit une école primaire à Sept-Îles en 2013 menace de la saisir et la vendre si la Commission scolaire ne lui paie pas la totalité de la facture.

L’entreprise Construction Leclerc et Pelletier réclame 296 016,19$ à la Commission scolaire du Fer.

La compagnie septilienne s’est vu attribuer en février 2012 le contrat pour construire une nouvelle école primaire à Sept-Îles. Les 260 élèves sont entrés en classe à l’école du Boisé en septembre 2013, mais à ce jour, l’entreprise n’a toujours pas été payé en totalité, pour le contrat d’environ 9M$.

Le directeur de Leclerc et Pelletier est à bout de nerf et n’en revient pas que les choses soient si longues à régler. «Elle (La Commission scolaire du Fer) ne conteste pas, elle dit qu’elle va me revenir…Qu’elle me paie, sinon, et on va vendre l’école», a prévenu Rock Blouin.

L’entrepreneur affirme qu’il n’a notamment toujours pas pu payer quatre de ses sous-traitants en raison du retard de paiement de la Commission scolaire.

Photo collaboration spéciale, Emy-Jane Déry

L’école du Boisé

Procédures judiciaires entamées

Les procédures permettant à l’entreprise de construction de prendre possession de l’école pour défaut de paiement ont été entamées. Une requête introductive d’instance en délaissement forcé a été déposée à la Cour en décembre 2015 par Leclerc et Pelletier.

Deux mois plus tard, la Commission scolaire a tenté de renvoyer le dossier en arbitrage, ce qui lui a été refusé dans un jugement rendu le 15 mars.

Le jugement fait d’ailleurs état de la lenteur des procédures. «Le Tribunal déplore que ce litige piétine depuis longtemps», peut-on lire dans la décision du juge Daniel Dumais.

«Il est inconcevable que la défenderesse n’ait pas encore pris position et fait connaître ses motifs de contestation, s’il en est, face à la réclamation de la demanderesse», est-il inscrit.

«On devrait mettre des énergies sur une éventuelle solution plutôt que de reporter constamment le problème. Le débat n’a rien de compliqué», affirme le juge dans la décision.

Le juge a demandé à ce que les parties conviennent d’un protocole au plus tard le 29 mars, ce qui n’a pas encore été fait, selon l’entrepreneur.

La Commission scolaire pas inquiète

Pour sa part, la Commission scolaire accuse plutôt l’entreprise de ne pas donner suite à ses propositions.

Concernant les remarques du juge sur la façon de la Commission scolaire de gérer le dossier, l’organisation pointe du doigt sa propre défense.

«Leclerc et Pelletier a peut-être mieux représenté ses arguments par rapport à ce jugement-là, maintenant, moi, ce n’est pas ma version des choses», a dit Lucien Maltais, directeur de la Commission scolaire du Fer. Ce dernier ne craint absolument pas que le dossier en vienne à la prise de possession de l’école par Leclerc et Pelletier.

La Commission scolaire se dit par ailleurs satisfaite des travaux. «On a une très belle qualité de construction. On n’est pas dans un gros dossier de recours sur des vices, ou des choses comme ça. Nous sommes dans une partie administrative, donc j’ai de la difficulté à comprendre le fait que nous ne sommes pas capables de nous entendre», a conclu M. Maltais.

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