Un ex-chef de police affirme avoir menti

Un ex-chef de police affirme avoir menti

LA TUQUE | Un ex-chef de police autochtone dit avoir menti aux enquêteurs quand il a déclaré que lui et le chef de sa communauté avaient agressé sexuellement une femme, chacun leur tour, dans sa voiture de police.

L’ex-chef de police de Wemotaci, une communauté en Haute-Mauricie, Jean-Paul Neashish, purge actuellement une peine de six ans de prison pour des crimes sexuels sur deux femmes et trois fillettes.

Il a témoigné jeudi au procès pour agression sexuelle de son présumé complice, l’ex-chef de la communauté de 1100 habitants, Marcel Boivin.

Dans l’autopatrouille

Lorsque Jean-Paul Neashish a admis ses crimes aux enquêteurs, il a impliqué l’ex-chef de la réserve autochtone de Wemotaci Marcel Boivin, dans une affaire d’agression qui remonte à l’été 1984.

Photo Amélie St-Yves

Jean-Paul NeashishEx-chef de police

Une femme aurait été agressée sexuellement par Jean-Paul Neashish et Marcel Boivin, le même soir, dans la voiture de police de Neashish, qui était en service.

Selon la version de Neashish retenue à son procès, le chef Boivin était déjà à un endroit surnommé «la passerelle» quand Neashish est arrivé avec une femme qui avait ressenti un malaise plus tôt en soirée. Elle était sortie prendre l’air et le policier l’avait embarquée dans sa voiture.

Le chef de bande lui aurait alors dit de «faire vite» alors qu’il l’agressait, pour avoir également une relation sexuelle avec elle, tout de suite après.

Or, l’ex-policier nie maintenant ses propres déclarations. L’homme de 69 ans dit avoir menti pour mettre fin à 12 heures d’interrogatoire.

«J’ai commencé à être fatigué, à trembler. C’est là que j’ai fait la déclaration. Je voulais partir de là», a-t-il raconté jeudi au tribunal.

Selon sa nouvelle version, qu’il a présentée jeudi, il aurait nommé l’ex-chef du conseil de bande dans ses aveux parce que c’est ce que les enquêteurs voulaient lui faire admettre.

«Il n’y a rien de vrai là-dedans», a-t-il dit au sujet de ses déclarations.

Pas de pression

Les deux enquêteurs qui ont recueilli les aveux de Jean-Paul Neashish ont été entendus et, selon eux, il n’y a rien de spécial à noter au moment de la déclaration de Neashish.

Tout s’est bien passé, selon les deux hommes.

«Aucune menace, aucune promesse», a catégoriquement dit l’un d’eux.

L’autre a également affirmé que l’interrogatoire avait été fait dans les règles de l’art.

Pour lui, il est clair que Neashish ressent un devoir de loyauté envers son ancien chef du conseil de bande.

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